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Tout le monde en grève le 8 mars !

Pour Garance, la nécessité d’une grève féministe est (malheureusement) une évidence. Malheureusement, parce que nous aurions aimé qu’il en soit autrement. Nous aurions aimé qu’en 2024, les violences sexistes et sexuelles ne soient plus une réalité systémique dans la vie des femmes, des enfants et des minorités de genre et sexuelles.

Mais en 2023,  simplement via le recensement des articles de presse, on décompte au moins 25 féminicides en Belgique.  « Au moins », parce que nous n’oublions pas ceux qui doivent passer sous le radar à défaut d’une bonne compréhension de la nature des crimes basés sur le genre.

Sans oublier toutes les autres formes de violences qui impactent durement et durablement les femmes et les minorités de genre et sexuelles : violences sexuelles, psychologiques ou encore économiques.

En 2023, les femmes et les minorités de genre ont été à plusieurs reprises fragilisées par les mesures prises par le Gouvernement Vivaldi : réforme des pensions (pour reprendre les termes d’Axelle magazine, « Pension minimum, pas pour les femmes »), le blocage des salaires, le refus de supprimer le statut de cohabitant.e alors qu’il implique une diminution des allocations et donc une perte d’autonomie financière des femmes, la réforme des crédits-temps, le refus de régulariser les femmes sans-papiers pourtant particulièrement exposées aux violences de genre ou encore le gel de la proposition de loi pour élargir l’accès à l’IVG, allant à l’encontre des besoins des personnes concernées, de l’avis du personnel médical et même des recommandations positives du Comité scientifique mandaté expressément pour s’assurer de sa pertinence.

Des violences dont l’impact est d’autant plus important sur les femmes vivant des oppressions multiples : racisées, sans-papiers, en situation de handicap,  trans, lesbiennes et bi, mères célibataires et/ou en dehors des normes hétéronormatives. 

Le système patriarcal engendre et banalise les violences envers les femmes, enfants et minorités de genre et sexuelles. Il est mortifère et doit être renversé.

Notre grève le dénonce et lui promet une lutte sans trêve.

Notre grève dénonce aussi le sous-financement constant de la prévention primaire. Bien qu’elle soit le moyen le plus efficace de lutter contre les violences de genre, les moyens publics qui y sont investis sous largement insuffisants. Proposer des appels à projets ponctuels pour régler un problème structurel, c’est un choix politique qui en dit  long sur le peu de cas fait de la lutte contre les violences de genre.

Nous voyons d’ailleurs certaines de nos subventions diminuer drastiquement, ne couvrant parfois même pas les emplois nécessaires au développement du projet.

Les priorités politiques sont à revoir! 

À force de travailler avec des bouts de ficelles, nous assistons à l’épuisement des travailleuses. Un constat que nous partageons avec l’ensemble du secteur non-marchand. Un secteur largement féminisé.

Nous consacrons un temps de travail conséquent à la réalisation de marchés publics et de demande de subventions alors que le temps nous manque déjà cruellement pour accomplir l’ensemble de nos tâches. Et pour cause, nous n’avons pas les moyens d’offrir des postes de travail à temps plein par manque de moyens financiers. Des temps partiels non choisis et des CDD qui auront un impact direct sur le calcul de nos pensions.

Nous n’en pouvons plus de jongler avec les besoins urgents et fondamentaux des publics avec lesquels nous travaillons (palliant au manque de réponses collectives de la part des pouvoirs publics) et notre santé mentale et physique en tant que travailleur·euse.

Précarité de nos contrats, manque de moyens pour nos projets, lenteur et poids des procédures administratives…

Nous, travailleur·euse·s,  sommes en grève pour dénoncer ce que sont nos conditions de travail par manque d’un soutien financier valable et pérenne.

Nous faisons également grève en soutien avec celleux qui ne le peuvent pas, qu’il s’agisse de celleux qui doivent se battre au quotidien pour leur survie ici (femmes sans-papiers, femmes en situation de handicap, mères solo) ou ailleurs. Notre grève féministe est en solidarité internationale avec les femmes du monde entier, des palestiniennes aux ukrainiennes en passant par les polonaises,  les femmes étant les premières victimes des guerres et des autoritarismes.

À l’aube des élections à venir, nous souhaitons aussi rappeler que l’extrême droite est l’ennemi des femmes et des minorités sexuelles et de genre et qu’elle doit être combattue comme telle. Nous ne sommes pas dupes face à ses tentatives d’instrumentalisation de la lutte contre les violences de genre à des fins racistes. Les violences sexistes,  racistes et LBGTQIAphobes ne sont pas des actes isolés, ces attaques répétées envers des groupes spécifiques (femmes, LGBTQIA+, personnes racisé.e.s) font partie intégrante du programme de l’extrême droite.

Tant que la lutte contre les violences envers les femmes, les enfants et les minorités de genre et sexuelles ne sera pas une priorité politique des pouvoirs publics, nous serons en grève ! 

Nos revendications :

• Un financement structurel du secteur non-marchand et de la prévention primaire des violences basées sur le genre, à hauteur des besoins réels. Nous ne pouvons plus perdre notre temps et nos ressources à répondre à des demandes de subsides éparses et éphémères.

• La mise en place des formations obligatoires et régulières à destination de tou·te·s les agent·e·s de l’Etat, du personnel des secteurs psycho- médico-sociaux, judiciaire et de l’enseignement. Ces formations doivent permettre de comprendre le continuum des violences faites aux femmes, aux enfants et aux minorités sexuelles et de genre, les mécanismes de violences entre partenaires et d’intervenir de manière adéquate. Elles doivent être données par des actrices reconnues de la société civile et selon des critères de qualité établis par celle-ci.

• Des moyens pour que toutes les associations puissent rendre leurs outils et services accessibles aux personnes socialement vulnérabilisées comme les personnes en situation de handicap (adaptation en langue des signes, FALCalc, infrastructures, accès PMR, formation des personnels) et les personnes ne parlant pas ou difficilement le français ou le néerlandais (traduction, interprétariat). Cela passe aussi par la diversification des moyens de communication afin de lutter contre la fracture numérique.

• La création d’un centre d’expertise féministe autonome sur les violences à l’égard des femmes et des filles qui livre des analyses et données pour informer toute décision politique de leur impact sur la prévention (ou l’aggravation) des violences et dont l’avis devrait être pris en compte.

• La garantie d’une sécurité et une autonomie financière à toutes notamment via l’individualisation des droits sans perte de revenu, l’augmentation du revenu d’intégration sociale au-dessus du seuil de pauvreté, l’allègement des démarches administratives et l’automatisation de l’accès au RSI.

• La garantie d’un logement pérenne de qualité pour toustes. Les pistes d’action sont nombreuses du côté des associations pour le droit au logement et des associations d’aide aux personnes sans-abris.

• L’accès à la santé à toutes et tous.

• La prise en compte de la situation des personnes les plus précarisées doit orienter l’ensemble des politiques publiques plutôt qu’être considérée comme marginale ou non prioritaire.

 📅 Garance tiendra un piquet de grève à la colonne du Congrès (Pl. du Congrès, 1000 Bruxelles). N’hésitez pas à nous rejoindre ! Plus d’infos bientôt

🟣 Pour savoir plus sur les mobilisations à Bruxelles et en Belgique ⤵️
Collecti.e.f 8 maars
Collecti.e.f 8 maars – Bruxelles

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