ACTIVITÉS DANS LES ÉCOLES
Enfants CAPables
- Comment se passe une intervention ECAP ?
=> Les ateliers destinés aux adultes :
L’intervention débute par trois ateliers destinés aux adultes en amont des ateliers enfants :
- un pour les parents volontaires,
- un pour l’équipe enseignante,
- un dernier pour l’équipe accueillante et les autres adultes professionnel-les de l’école.
Ces ateliers permettent de présenter le contenu de l’atelier enfant et proposent des outils de base pour :
– écouter et soutenir un.e enfant qui confie vivre des violences,
– mieux connaître le réseau institutionnel pour trouver de l’aide et orienter au mieux les enfants victime de violences.
=> Les ateliers destinés aux enfants :
Après les ateliers adultes, il est prévu un atelier dans chaque classe de l’école de la première à la sixième primaire. Ils durent une matinée chacun (de 9h à 12h).
Pour les classes de première et deuxième primaires, nous essayons de réaliser l’atelier en deux fois si cela est possible pour l’école.
Ces ateliers ne sont pas adaptés aux classes de maternelle car ils sont fortement basés sur l’oral. Cela demande trop aux enfants de maternelle au vu de leurs capacités d’écoute et de concentration.
=> Comment se déroulent les ateliers enfants ?
Nous commençons par présenter la thématique de façon adaptée aux enfants et nous posons un cadre de discussion sécurisant.
Puis les deux animatrices ECAP jouent des saynètes illustrant des situations difficiles qui peuvent être rencontrées par les enfants.
Sont abordées une situation de violences entre enfants ainsi que deux types de violences commises par des adultes envers les enfants.
Grâce à des échanges avec le groupe, des pistes d’actions, « qu’est ce qu’on peut dire ou faire ? », sont proposés par les enfants et complétés par les animatrices. Ces pistes d’actions sont reprises dans une saynète de résolution » qui met en scène un.e enfant qui réussit à rester en sécurité.
À la fin de ces ateliers en classe, les enfants ont la possibilité de venir discuter avec une des deux animatrices pour poser des questions, faire des remarques sur l’atelier ou parler d’un problème qu’ils-elles rencontreraient.
Les messages clés mis en avant sont :
– Je ne suis pas responsable des violences que je subis. C’est toujours l’auteur des violences qui est responsable
– Il est important de parler aux adultes qui m’entourent pour trouver de l’aide en cas de difficultés
– Ma priorité en cas de violences : fuir dans un endroit de sécurité puis d’en parler à un adulte de confiance
=> Concrètement, comment s’organise l’intervention ?
– L’intervention est gratuite pour les écoles. Nous recevons des subsides pour cela (Commission Communautaire Francophone (COCOF), Fédération Wallonie-Bruxelles, Commune de Saint-Gilles),
– Nous intervenons dans chaque classe de l’école primaire,
– C’est à la direction de l’école de contacter les deux référentes du projet, Laura Chaumont, lcgarance@gmail.com et Fabia Borrel fbogarance@gmail.com
– Un rendez-vous est alors proposé à la direction et au centre psycho-médical-social (CPMS) de l’école afin de présenter le projet et ses implications pour l’école
– Des dates pour les ateliers adultes et enfants sont fixées (nous n’intervenons pas dans les classes la semaine précédant les congés scolaires).
– Les ateliers ont lieu dans l’école
– Une fois que tous les ateliers sont terminés, un bilan de fin d’intervention est prévu avec la direction et le CPMS de l’école
NB : le programme ECAP est généraliste et « survole » un certain nombre de violences. Il n’est pas conçu pour traiter un climat scolaire compliqué ou des cas de harcèlement scolaire installés.
- Reconnaissances institutionnelles du projet
– Nous mettons en œuvre ce programme de prévention dans les écoles primaires francophones depuis 2015.
– Nous sommes reconnues comme seule structure en Belgique francophone responsable d’appliquer et de faire appliquer le cadre du système « CAP » (1) pour l’International Child Assault Prevention (ICAP),
– Nous portons aussi le label « EVRAS Jeunesse », et rencontrons les objectifs du Pacte pour un Enseignement d’Excellence (2),
– Nous avons un partenariat renouvelé avec la commune de Saint-Gilles, reconduit tous les ans depuis 2023. Nous avons participé à l’écriture de leur protocole de traitement des signalements de témoignages de violences par les enfants.
- Le droit fondamental de l’enfant mineur à recevoir une protection contre la violence, se trouve consacré dans plusieurs textes internationaux et nationaux. On retiendra notamment :
– La Convention internationale relative aux droits de l’enfant, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 20 novembre 1989 et entrée en vigueur en Belgique le 15 janvier 1992, qui met à charge des États signataires l’obligation positive, immédiate et inconditionnelle de prendre « toutes les mesures législatives, administratives, sociales et éducatives appropriées pour protéger l’enfant contre toute forme de violence, d’atteinte ou de brutalités physiques ou mentales » ; ce principe fondateur est confirmé et renforcé par l’interprétation du Comité des droits de l’enfant, qui souligne le droit de l’enfant d’être protégé contre toutes les formes de violence et dit que la protection accordée par la CIDE inclut expressément, parmi les formes de violence mentale, l’exposition à la violence familiale.
– La Convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales qui, appliquée par la Cour européenne des droits de l’homme, a contraint les États à déployer des mesures suffisamment rapides et efficaces, pour préserver la sécurité des personnes victimes de faits de violence, en ce compris les enfants exposés à une situation de violence.
– La Directive n°2024/1385 du Parlement européen et du Conseil du 14 mai 2024 sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, qui impose aux États membres de soutenir les enfants victimes dès que les autorités compétentes ont des motifs raisonnables de penser que cet enfant pourrait avoir subi des actes de violences à l’égard des femmes ou de violence domestique ou en avoir été témoin.
– La Convention d’Istanbul ratifiée par la Belgique le 1er juillet 2016, qui a pour finalité d’œuvrer à la prévention des violences conjugales et à la protection des victimes et impose aux États signataires des obligations positives juridiquement contraignantes, visant à prendre toutes les mesures nécessaires de prévention, de protection, de poursuites et de mise en œuvre de politiques globales (approche dite « des quatre P »), en vue de lutter contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique. Elle étend la portée des mesures de protection et de soutien aux enfants des victimes des faits de violence en enjoignant les États à adopter les mesures appropriées dans le cadre de la détermination des droits parentaux (autorité parentale et hébergement) en vue d’assurer la sécurité des victimes et des enfants mineurs exposés à un contexte de violence intrafamiliale.
– La Constitution belge, qui énonce que « chaque enfant a droit au respect de son intégrité morale,physique, psychique et sexuelle » et que « dans toutes les décisions qui le concernent, l’intérêt de l’enfant est pris en considération de manière primordiale ».
L’école en particulier représente pour la plupart des enfants un espace neutre, en lequel ils ont confiance et où ils sont susceptibles de trouver leur premier interlocuteur. En tant que professionnel·les agissant au plus près des enfants, les adultes travaillant dans l’école ou les animatrices de notre ASBL sont un maillon essentiel au bon fonctionnement de la chaîne de détection et prise en charge des enfants maltraités.
(1) : Le programme original « CAP » (Child Assault Prevention) a été créé en 1978 aux Etats-Unis et est actif au Québec depuis 1980 pour prévenir les violences faites aux enfants. Notre asbl est de surcroît la seule association en Fédération Wallonie-Bruxelles à avoir reçu la certification « ICAP », organisme créateur du programme susmentionné.
(2) : Notamment en ce qu’il vise à assurer à chaque enfant une place dans une école de qualité, mieux adaptée aux conditions du bien-être de celui-ci, une école qui se soucie davantage de la qualité du vivre ensemble et du climat scolaire en développant des projets qui s’inscrivent dans une dynamique structurelle, de renforcer la prévention et la lutte contre la violence.
Vous voulez bénéficier de ce programme au sein de votre établissement scolaire ? Contactez-nous à l’adresse mail fbogarance@gmail.com et/ou lcgarance@gmail.com