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Garance asbl

 

 

Newsletter n° 82 – décembre 2018



AGENDA



A LA UNE


la marche Mirabal du 25 novembre 2018 !


Plus de 5000 personnes, davantage que l'année précédente, ont manifesté ce 25 novembre pour exiger la fin des violences faites aux femmes. La couverture médiatique de la manifestation était également plus marquée. Si on peut estimer qu'en regard par exemple de la manifestation pour le climat ce chiffre n'est pas très important, les associations féministes savent combien il est difficile de mobiliser sur ce sujet qui ne bénéficie pas d'une médiatisation constante. C'est donc une très belle réussite pour Mirabal Belgium, la plateforme organisatrice co-fondée par Garance asbl il y a deux ans.

Au-delà du nombre, la diversité des personnes présentes était aussi encourageante : associations, partis, syndicats, collectifs autonomes et citoyen.ne.s concerné.e.s, slogans, chansons et pancartes personnelles. Cela montre que le sujet n'est pas seulement investi par toujours les mêmes « spécialistes » et que toutes ces personnes, malgré les différences et parfois les conflits qui les opposent, peuvent manifester ensemble pour réclamer la fin de toutes les violences faites aux femmes. »

Pour celles qui ne veulent pas attendre le 25 novembre 2019 pour agir, Mirabal Belgium a décidé d'entamer la préparation largement en amont et une réunion est déjà prévue en février. Si vous êtes intéressées, voici l' adresse de contact. En 2019, Mirabal portera les revendications associatives pour la mise en pratique de la Convention d'Istanbul par l'état belge (nous vous en reparlerons en février). Et n'oubliez pas non plus la grève des femmes du 8 mars. Dés réunions sont également prévues très prochainement.





GARANCE EN BREVES


Femmes vivant avec un handicap intellectuel

En 2018, nous avons mené un projet d'éducation par les paires par et pour les femmes vivant avec un handicap intellectuel. Cinq animatrices paires et leurs assistantes ont été formées pour animer des ateliers sécurité avec leurs paires. Comme il s'agissait d'un projet pilote, nous voulions être sûres que les outils et animations développés répondent aux besoins des femmes. Une évaluation a accompagné tous les étapes du projet, et les résultats peuvent être consultés dans notre rapport d'évaluation.


Garance contre l'interdiction du foulard

Depuis un bon moment, Garance agit dans la pratique contre l'interdiction du foulard, que ce soit dans l'accès à ces animations, la collaboration avec d'autres organisations ou la participation à des mobilisations anti-racistes. L'Assemblée générale du 17 décembre a formalisé cet engagement par une prise de position argumentée qui est désormais accessible sur notre site web.





C'EST ARRIVE PRES (OU TRES LOIN) DE CHEZ VOUS


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Dress for respect

Au Brésil, une étude a montré que 86% des femmes subissent des attouchements en boîte de nuit. Une marque de boisson a lancé une campagne de sensibilisation au harcèlement et a créé une robe constituée de capteurs qui enregistrent les endroits de touchers et leur intensité. Trois femmes se sont prêtées au jeu et ont porté cette robe durant une soirée en boîte. Résultat : 157 touchers non désirés en un peu plus de 3h30, soit 40 fois par heure en moyenne. Les mains tripoteuses appartiennent toutes à des hommes. Cela ne fait que confirmer ce que nous savons depuis longtemps. Nous observons cependant avec préoccupation que des entreprises privées redorent leur blason en sautant sur le sujet des violences faites aux femmes quand ceci est à la mode et préfèrent collaborer avec des agences de pub plutôt qu'avec des associations féministes. Car la campagne ne questionne pas pourquoi il faut encore prouver qu'il y a du harcèlement – parce que la parole des femmes est ridiculisée, marginalisée, tue, et une robe hi-tech ne va pas changer cela.

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Justice pour Razia

Razia a été assassinée par son mari, poignardée en pleine rue le 30 octobre. Pourtant elle avait déposé sept plaintes pour violence physique dans trois villes françaises différentes, dans chaque nouvelle ville où elle tentait de fuir avec ses deux enfants. Pourtant les autorités disent qu’elles n’avaient connaissance d’aucune plainte pour violence physique, « juste » de menaces. Razia résistait et s’en sortait, même sans l’aide des services supposés l’aider, via la solidarité féministe. En ne faisant rien pour assurer la protection de Razia, la France s'est rendue complice et a rendu possible et même facilité ce féminicide. Un appel a la justice a été lancé pour que la vérité soit mise à jour et que les autorités prennent leur responsabilités


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Quand la main gauche prétend ignorer ce que fait la main droite 

Bien louable à la Belgique d'allouer ( « d'investir » ! ) des fonds pour les droits des femmes dans sa politique de coopération au développement. C'est le même ministre OpenVLD qui a cru nécessaire d'expliquer le féminisme aux nuls (voir notre newsletter d'octobre) qui maintenant veut faire avancer la cause des femmes partout sauf en Belgique. Car les politiques et coupes budgétaires du gouvernement dont il fait partie ont un impact très négatif sur la situation des femmes en Belgique et décrédibilisent ces belles intentions. Quand on veut défendre les droits des femmes, ce doit être de toutes les femmes !


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A ce propos : Femmes en gilets jaunes

Les femmes sont bien visibles dans le mouvement et les blocages des gilets jaune en France et en Belgique. Et pour cause, avec les contrats précaires, les temps partiels, les intérims et les doubles journées de travail, elles sont les premières à subir et à dénoncer les mesures d'austérité des gouvernements. Nous avons pu interroger plusieurs d'entre elles lors de la manifestation du 8 décembre à Bruxelles. Toutes expliquent que leurs revenus ne leur permettent pas de correctement se loger, se nourrir, se soigner ou de prendre soin d'elles-mêmes et des autres. Comme le rappelle Safia Kessas dans sa chronique, 80% des familles monoparentales sont à charge de femmes et la moitié des familles monoparentales en Wallonie vit sous le seuil de pauvreté. La précarité est une violence patriarcale structurelle. 



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A ce propos : Solidarité contre le racisme

Samedi 8 décembre soir, nous pouvons suivre en direct sur la VRT la démission de la N-VA du gouvernement Michel. Le pacte migratoire de l'ONU pour des efforts concertés de contrôler et réduire la migration n'est pas assez répressif pour le parti nationaliste flamand. Un effet prévisible de cette crise politique se fait immédiatement ressentir : plus de 5.500 partisans d'extrême-droite prennent les rues de Bruxelles le dimanche suivant. En deux jours, plus de 59 associations, dont Garance, ont signé l'appel pour une Belgique solidaire contre l'extrême droite. Comme l'explique le communiqué du Collecti.e.f 8 maars, "on ne peut pas lutter pour l'émancipation des femmes sans lutter pour l'émancipation de toutes et tous. Si on regarde la composition de la marche extrême droite aujourd'hui, c'était majoritairement des hommes blancs en démonstration de force et aux attitudes virilistes et violentes. Les femmes* sont directement concernées et visées par les discours et les actions fascistes, islamophobes, sexistes, racistes et lgbtqi-phobes".


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ONU contre le harcèlement sexuel

La France et les Pays-bas ont proposé une résolution contre le harcèlement sexuel à la dernière Assemblée générale de l'ONU. Elle a été adopté par consensus, après qu'un vote a décidé de maintenir des passages concernant les droits reproductifs et sexuels des femmes, y compris l'accès à l'avortement, avec une seule voix contre (les Etats-Unis de Donald Trump bien sûr) et 31 abstentions. Nous aimons particulièrement l'appel aux gouvernements d'investir dans la prévention du harcèlement sexuel, en coopération avec la société civile. Si les résolutions de l'ONU ne sont pas contraignantes, celle-ci marque quand même une avancée, car c'est la première fois que le plus haut niveau de l'ONU prend publiquement position contre le harcèlement sexuel.


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Employeurs contre la violence conjugale

Considérées trop souvent une affaire privée, les violences conjugales ont un impact négatif sur les victimes jusque dans leur lieu de travail. Les employeurs.euses ont un rôle important à jouer pour leur sécurité et leur soutien. C'est pourquoi la fondation Pour la Solidarité, qui travaille depuis quelques années sur ce sujet, a créé le réseau CEASE qui rassemble actuellement 17 grands et moins grands employeurs belges, de services publics via des entreprises privées jusqu'à des associations et coopératives. Les employeurs.euses s'engagent à soutenir les employé.e.s victimes de violence conjugale et reçoivent des formations et outils pour les aider dans cette tâche inhabituelle.




LA SCIENCE DIT...


Et les hommes ?

L'éternelle question "et les hommes?" dès qu'on commence à parler des femmes est une source de frustration et de fatigue (voir notre analyse pour Corps écrits sur l'instrumentalisation des violences faites aux hommes pour faire taire les féministes qui critiquent les violences faites aux femmes).

Une chercheuse anglaise a fait la comparaison des critiques et insultes qu'elle reçoit quand elle parle de sujets qui concernent les femmes (des tonnes) et les hommes (zéro). Nous partageons sa réflexion  : « De par leur socialisation dans des rôles de genre […], les femmes n'ont même pas un quart du dixième du sens des hommes 'd'avoir droit à'. Les femmes ne lisent pas une campagne sur la santé mentale ou la violence ou le cancer chez les hommes et répondent avec un tweet furieux 'et les femmes, salaud ?!' parce qu'elles ne pensent pas à elles-mêmes quand elles la lisent. Elles ne perçoivent pas une telle campagne comme doigt d'honneur aux femmes. Elles pensent que la campagne est importante. Elles partagent des liens vers des collectes de fonds, des pubs, des vidéos de sensibilisation. [...] Le réflexe de « et les hommes ? » vient de la misogynie. C'est une technique arrogante et déstabilisante pour répondre à une campagne, vidéo, étude, intervention, organisation ou communication en criant 'Je m'en fous des femmes, parlez des hommes !!' [...] On ne devrait pas devoir expliquer pourquoi nos études portent sur les expériences des femmes et des filles. On n'a pas besoin de mettre les hommes au centre de toutes les conversations qu'on mène. Les femmes et les filles sont des entités valables, indépendamment des hommes. ».

Jessica Eaton (2018) : Stop asking me 'what about men ?' Journal of Gender-Based Violence 2(2), 391-95.

Une version plus courte de l'étude est parue sur son blog.






ON A LU, VU, ECOUTE POUR VOUS...


Kumbuka, zine décolonial

La ré-ouverture des portes du Musée Royale d'Afrique Centrale (ou musée colonial du Congo) de Tervuren après plusieurs années de rénovation est loin d'être célébrée par les personnes engagées dans la décolonisation. Une partie minime du budget de rénovation a été consacré à repenser le contenu du musée dont les caves et les galeries sont toujours remplies de biens volés et de restes humains. Vous pouvez suivre les analyses de Véronique Clette-Gakuba et de Mireille-Tseusi Robert sur le site de l'asbl Bamko ainsi que visionner la conférence qui a été donnée au parlement à ce sujet. Vous pouvez aussi suivre le collectif No Name (nouveau collectif féministe, antiraciste et décolonial basé à Bruxelles) et vous procurer le zine décolonial KUMBUKA en vente à Le Space.





LA REBELLE DU MOIS


Pour l'accessibilité, l'inclusion et l'autoreprésentation

Activiste, enseignante, journaliste, comédienne... mais surtout cohérente dans sa lutte sur tous les fronts pour les droits des personnes en situation de handicap. Avec humour et sans compromis, notre femme du mois a remué plein de ménages et de méninges en Australie et a lancé le concept du « porno d'inspiration ». Curieux.se ? Découvrez la vie de Stella Young !





AGENDA


Activités de Garance

Tarifs et modalités d'inscription

A Bruxelles

Dates Intitulé Lieu
Lundi 14 janvier 2019 de 19h à 21h Entraînement : La force du centre Garance asbl,1000
WE des 2 et 3 février 2019 Défense verbale pour femmes Garance asbl,1000
WE des 9 et 10 février 2019 Autodéfense pour femmes, Bruxelles Garance asbl,1000

En Wallonie

Dates Intitulé Lieu
WE des 26 et 27 janvier 2019 Autodéfense pour femmes Solidaris CMT, 7500 Tournai
Samedis 2 et 9 février 2019 Autodéfense pour femmes info et inscriptions : ChezZelle ou 010/455435 Maison de la Citoyenneté, Ottignies





 

 

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