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Garance asbl

 

 

Newsletter n° 79 – septembre 2018



A LA UNE


Les femmes en situation de handicap prennent leur sécurité en main

Garance mène depuis plusieurs mois, en collaboration avec des associations de terrain, un projet de prévention à destination des femmes vivant avec un handicap intellectuel. Cinq d’entre elles apprennent à guider des ateliers « sécurité » pour leurs paires, tout autant concernées qu’elles par les violences validistes et sexistes. Les participantes y échangent leurs stratégies de prévention face aux agressions et discriminations qu’elles vivent. Les ateliers sont facilités par une assistante qui développe une posture d’alliée. Nous sommes heureuses de faire un état des lieux de ce projet pilote lors de la journée d'étude et d'action pour les ateliers "sécurité" par et pour les femmes vivant avec un handicap intellectuel qui aura lieu le 15 octobre 2018 à Bruxelles.

Sur le programme : des interventions de fond et des ateliers pratiques qui s'adressent au même moment aux femmes vivant avec un handicap intellectuel et aux personnes qui les soutiennent et accompagnent. Pour rester fidèle à notre approche d'éducation par les paires, nos animatrices paires prennent en charge l'animation d'ateliers pour leurs paires, et les interventions de fond sont traduites en Facile à lire et à comprendre. Leurs accompagnant.e.s peuvent explorer le contenu des ateliers de sécurité lors d'une présentation. Lors d'une table ronde, le public pourra questionner des élu.e.s sur la question qui nous préoccupe tou.te.s, comment lutter contre les violences faites aux femmes vivant avec un handicap intellectuel. Les inscriptions (gratuites) restent ouvertes jusqu'au 1er octobre, au secrétariat de Garance.




GARANCE EN BREVES


Formation d'animatrices paires migrantes à Namur

Depuis plusieurs années déjà nos différentes activités pour les femmes migrantes, issues de l'immigration ou femmes racisées outillent les participantes pour mieux défendre leurs droits et faire face aux agressions et aux discriminations dans la vie quotidienne au travail, en famille, dans la rue ou ailleurs. Vous souhaitez installer ou pérenniser les animations de sécurité et prévention des violences pour les femmes au sein de votre association en formant une travailleuse ou une volontaire ? Cette formation gratuite démarre en octobre, avec cinq fois une journée de formation mensuelle. Plus de renseignements auprès du secrétariat de Garance.


Marches exploratoires réalisées dans les Marolles

Nous avons publié le rapport qui rend compte de dix marches exploratoires que nous avons réalisées entre mars et juillet dans le quartier des Marolles, avec le soutien de la cellule pour l'Egalité des chances de la Ville de Bruxelles. Des remarques et recommandations riches pour rendre l'aménagement du quartier plus accessible et inclusif aux femmes. En vue de deux contrats de quartier ayant lieu actuellement dans les Marolles, il est maintenant de la responsabilité des planificateurs.trices de rendre leurs projets accessibles à la diversité des personnes qui exploitent l'espace. Nous avons proposé des pistes, nous verrons où cela mènera !


Genre et espace public, le livre

C'est aussi un peu grâce à notre travail que le monde académique belge s'intéresse de plus en plus aux questions de genre dans l'aménagement et l'utilisation des espaces publiques. Ces premières recherches ont été regroupées dans l'oeuvre collective « Partager la ville : genre et espace public en Belgique francophone ». Mobilité, sécurité, harcèlement de rue... autant de sujets qui démontrent que l'espace public n'est pas également accessible à toutes et à tous. Garance y est représentée avec non moins de deux contributions. Le livre sera présentée au public lors d'une conférence à la Maison des sciences humaines de l'ULB le 26 septembre.




C'EST ARRIVE PRES (OU TRES LOIN) DE CHEZ VOUS


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Caravane des femmes

C'est sous un beau soleil qu'environ 1600 personnes ont défilé le dimanche 9 septembre pour exiger des avancées en matière de droit à l'avortement, un véritable retrait du Code Pénal, un allongement du délai légal et une suppression du délai de réflexion. On y a vu beaucoup de jeunes femmes, des familles, et un groupe de « Servantes écarlates » (allusion à l'oeuvre de Margaret Atwood) très visibles dans leurs robes rouges et leurs coiffes blanches. Dommage que l'orchestre chargé de mettre de l'ambiance était principalement masculin (une seule femme pour une dizaine d'hommes), alors que tant de musiciennes ont besoin de visibilité... Pour celles et ceux qui croient que la législation actuelle ne pose pas de vrai problème, cette histoire entendue au fil des discussions : un CPAS qui refuse à une femme une aide financière pour aller avorter en Hollande, le délai de 12 semaines étant dépassé. Il a fallu l'intervention de la présidente du CPAS pour que la femme soit soutenue.


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Une grève féministe en Belgique ?

Le samedi 8 septembre, la Plateforme féministe contre les violences faites aux femmes a organisé une rencontre avec Lucia, militante du mouvement Non Una Di Meno en Italie, et Alicia, migrante espagnole et militante dans la commission Migraciones y género du mouvement Marea Grenate. Toutes les deux nous ont partagé leurs expériences de participation à des grèves féministes dans leurs pays. De quoi nous inspirer pour l'organisation d'une grève féministe en Belgique. Ça vous tente ? Rendez-vous à l'assemblée générale du 7 octobre à 13h à Bruxelles (enfants bienvenus). En attendant et pour vous rafraichir la mémoire, vous pouvez déjà jeter un coup d'oeil à notre article sur les mobilisations féministes internationales de février 2017. 


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Esperanzah! montre la voie

Grâce au mouvement #MeToo, le silence a été levé sur ce que toutes les festivalières savent bien : la musique n'adoucit pas toujours les moeurs, parfois elle est un bon prétexte pour mains baladeuses et autres agressions sexuelles. A ce propos, Plan International Belgique a réalisé un sondage auprès de 600 jeunes concernant leurs expériences des festivals, et propose une série de solutions. Les organisateurs.trices du festival Esperanzah! ont décidé de prendre le taureau par les c.. ornes : cette année, à côté des concerts, il y avait des stands d'organisations de femmes et des débats sur les féminismes, sous des chapiteaux où il a fallu refuser du monde. Dès l'entrée, les spectateurs.trices étaient informé.e.s non seulement sur ce qu'est le harcèlement, mais sur ce que le festival avait prévu pour le prévenir : distribué avec les bracelets, un numéro de téléphone où une équipe recueillait les plaintes des victimes comme des témoins, et où deux personnes étaient prêtes à intervenir en cas de problème grave. Une initiative à élargir à l'ensemble des festivals. Et en Suède, le ras-le-bol des agressions a conduit à l'organisation d'un festival « hommes non admis »...


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Schild en Vrienden : racistes, sexistes, homophobes

Le reportage du journaliste de la VRT Tim Verheyden a provoqué un grand émoi en Flandre et au-delà, après rediffusion sous-titrée à la RTBF (un fait trop rare!). Sympathies hitlériennes, exercices de tirs, « humour » grossier contre les Noirs, les musulman.e.s, les femmes, les LGBT+... Et plus préoccupant encore, l'infiltration du groupe dans des organes officiels, comme le CA de l'Université de Gand ou le Conseil de la Jeunesse flamande. Et une présence importante aussi sur les listes de la N-VA. Si les commentaires ont, avec raison, beaucoup insisté sur le racisme de S&V, on découvre aussi le mépris des femmes, réduites à jouer le « repos des guerriers » ou la gentille et jolie ménagère. L'extrême-droite, qui prétend parfois défendre « nos » femmes, montre son vrai visage. Si vous n'avez pas vu les reportages, vous pouvez les revoir (en néerlandais) ou lire un compte-rendu.


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Homo- et lesbophobie à Lille

Lors de la braderie de Lille début septembre, au milieu de la foule, plusieurs couples de femmes ont reçu des gouttes d'eau de Javel et de peinture noire sur leurs vêtements, dans leur dos, peut-être lancées avec un pistolet à eau. Personne n'a pu voir le ou la coupable à l'action, et ce n'est que plus tard que les victimes ont pu identifier l'agression, en découvrant des témoignages d'autres couples lesbiens et d'un couple gay sur les réseaux sociaux. Plusieurs plaintes ont été déposées et l'association Stop Homophobie s'est constituée partie civile en portant plainte également, même si les chances d'y trouver une suite sont faibles.





LA SCIENCE DIT...


Les filles néozélandaises se défendent bien

Une étude évaluative de plus démontre les bienfaits de l'autodéfense, cette fois-ci en Nouvelle Zélande où depuis 20 ans, le Women's Self-Defence Network – Wāhine Toa mène un projet d'autodéfense pour filles de 7 à 17 ans financé tant bien que mal par le gouvernement. Ce projet intervient dans les écoles et propose des cours d'autodéfense féministe, prioritairement aux filles māori et aux filles des milieux populaires. Filles et enseignant.e.s sont unanimes : apprendre à se défendre est plus que cool ! Les filles prennent de la confiance en soi, comprennent qu'être agressée n'est jamais de leur faute, osent chercher de l'aide et dévoiler des violences vécues et, surtout, savent se défendre contre le harcèlement à l'école et dans des situations d'agression. C'est particulièrement encourageant de lire que les écoles sont prêtes à défendre ce programme contre des coupures de budget et contre des tentatives de mettre en question le caractère non-mixte des cours. A quand un tel programme pour les filles belges ?

Jan Jordan et Elaine Mossman (2016) : Skills for Safety : An evaluation of the value, impact and outcomes of girls' and women'es self defence in the community. WSDN-WT, Wellington 2016.

Jan Jordan et Elaine Mossman (2018) : 'Back Off Buddy, This Is My Body, Not Yours' : Empowering Girls Through Self-Defence. Violence Against Women 24(13), 1591-1613.




ON A LU, VU, ECOUTE POUR VOUS...


Transphobie et transmisogynie

Dans « Manifeste d'une femme trans » et autres textes, Julia Serano aborde de manière claire et accessible les différents mécanismes de déshumanisation, de ridiculisation et d'oppression des femmes trans*. Situées à l'intersection de plusieurs formes d'oppression basées sur la binarité de genre (transphobie, cissexisme et misogynie), les femmes trans* ont une position unique et particulièrement enseignante pour toute féministe cis ou trans*. Si nous devions retenir une idée, un concept, lequel serait-il ? Dur de choisir ! Allez, disons « le processus actif et compulsif d'assignation de genre ». C'est toujours quelque chose lorsque les auteur.e.s nous mettent face à nos compulsions. Et pour finir de vous convaincre de la lecture, un demi spoiler, le livre termine sur une déclaration d'amour... Nous n'en dirons pas plus !

Julia Serrano, Manifeste d'une femme trans et autres textes, ed. Tahin Party, 2007.




LA REBELLE DU MOIS


La belle liégeoise révolutionnaire

Même si la Belgique n’existait pas encore au moment de la Révolution française, une des nôtres a laissé ses traces dans ce moment clé de l’histoire européenne. La révolution a malheureusement aussi mangé celle-ci de ses enfants, mais elle n’est pas tombée dans l’oubli pour autant. Découvrez la vie aventurière de notre femme rebelle du mois, Anne-Josèphe Théroigne de Méricourt.





AGENDA


Activités de Garance

Tarifs et modalités d'inscription

Dates Intitulé Lieu
29 et 30 septembre Défense verbale pour femmes (complet) Garance, 1000 Bruxelles
6 et 7 octobre de 10h à 17h Autodéfense pour femmes (complet) Garance, 1000 Bruxelles
8 octobre de 19h à 21h Entraînement Bruxelles : libération de prises et d'étranglements Garance, 1000 Bruxelles
15 octobre de 9h30 à 17h Non c’est non ! Ateliers « sécurité » par et pour les femmes vivant avec un handicap intellectuel, Journée d'étude et d'action Amazone, 1210 Bruxelles
27 octobre de 9h30 à 16h30 Autodéfense pour filles de 8 à 10 ans Garance, 1000 Bruxelles
27 et 28 octobre de 10h à 17h Autodéfense pour femmes infos et inscriptions: Chez Zelle, 1348 Louvain-la-Neuve


Avec la participation de Garance



Dates Intitulé Lieu
26 septembre à 18h « Partager la ville : genre et espace public en Belgique francophone. » Conférence avec Pierre Lannoy, Marylène Lieber et Laurence Rosier. ULB, 1050 Bruxelles
9 octobre à 18h Conférence : Consentement, genre, historicité ULB, 1050 Bruxelles



 

 

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