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Garance asbl

 

 

Newsletter n° 77 – mai 2018



AGENDA

Prochaines activités à Bruxelles, et en Wallonie

A LA UNE


Les femmes avec déficiences intellectuelles agissent pour leur sécurité

Garance mène depuis plusieurs mois, en collaboration avec des associations de terrain, un nouveau projet à destination des femmes avec déficiences intellectuelles. Celles-ci vont suivre une formation pour guider des ateliers de sécurité avec leurs paires. Dans les ateliers, les participantes échangeront leurs stratégies de prévention face aux agressions, discriminations et violences spécifiques qu’elles vivent. Ensemble, elles vont rendre visibles leurs ressources et savoir-faire. Pour faciliter la mise en place des ateliers, chaque animatrice paire formée est accompagnée d'une assistante également formée par Garance, qui, elle aussi, développera un grand savoir-faire: construire une posture d’alliée. La formation accueille sept binômes de futures animatrices paires et leurs assistantes. Après chaque journée de formation, les animatrices paires auront l’occasion de mettre en pratique les savoirs mobilisés lors d'ateliers organisés dans leurs organisations. L’immersion directe au contact des participantes leur donnera la force nécessaire pour se (ré)approprier l’animation.

Pour clôturer ce projet, Garance organise une journée d’étude le lundi 15 octobre à Bruxelles, avec des interventions de fond et des ateliers pratiques (programme détaillé à venir début septembre). Femmes avec une déficience intellectuelle, proches, allié.e.s, travailleur.euses dans le secteur du handicap, dans le secteur de l’éducation permanente, dans la lutte contre les violences faites aux femmes, féministes, vous y êtes les bienvenu.e.s!





GARANCE EN BREVES


Marches dans les Marolles

Déjà quatre marches exploratoires féministes réalisées dans le quartier des Marolles et ça continue en mai ! Autant d'occasions pour se perdre à plusieurs dans les ruelles, redécouvrir autrement certains endroits, rassembler toutes nos observations et revendications, parler stratégies et se renforcer. Tenez-vous informées des prochains rendez-vous sur notre page Facebook. Et n'hésitez pas à nous contacter pour l'animation gratuite d'une marche "sur mesure", en fonction de vos disponibilités, pour un groupe de min.6 et max.8 participantes.


Etats des savoirs sur l'autodéfense

A nos heures perdues, nous nous sommes penchées sur la littérature scientifique concernant l'autodéfense pour femmes. Pour les curieuses.eux, on a fait un compte-rendu des points forts: autodéfense n'égale pas autodéfense, l'autodéfense féministe a un meilleur impact que l'autodéfense traditionnelle, elle déculpabilise les victimes de violence, et - c'est le plus réjouissant - elle diminue réellement les agressions envers les femmes et les filles. Bonne lecture!


Répression de la Reclaim the Night

Comme chaque année, un groupe de femmes et personnes trans* s'est réuni pour investir les rues du centre-ville bruxellois dans une manifestation Reclaim the Night pour le droit de marcher librement et sans violence dans la rue. Et comme chaque année, la police a fait preuve de sexisme et transphobie dans la répression violente de cette manifestation. Garance a rédigé une lettre de protestation, co-signée par sept associations francophones et flamandes, au bourgmestre Philippe Close et à l'Echevin d'égalité des chances Mohamed Ouriaghli.


Garance et le plan interfédéral LGBT+

La secrétaire d'état Zuhal Demir prépare actuellement un plan de lutte contre les violences et les discriminations envers les personnes LGBT+. Nous avons pu jeter un coup d'oeil sur une version provisoire, et ce n'est pas beau : ton sécuritaire, raciste et homonationaliste et manque total d'une analyse de genre et intersectionnelle. Garance a présenté cette analyse dans une interview avec Matin Première la veille de la Pride et a co-signé une carte blanche parmi plus de cent chercheuses.eurs universitaires et activistes.




C'EST ARRIVE PRES (OU TRES LOIN) DE CHEZ VOUS


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Stop Féminicide

Depuis le début de l'année, 14 femmes ont été tuées, la plupart par leur partenaire ou ex- partenaire. Ce sont trois mortes de plus depuis la newsletter d'avril. Le blog Stop Féminicide recense depuis 2017 tous les rapports médiatiques et autres sur des homicides qui concernent les femmes, car il n'y actuellement pas de statistiques officielles disponibles..


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France : loi sur les violences sexistes et sexuelles/h4>

Bien qu'une loi existe déjà, Marlène Schiappa, secrétaire d'état française chargée de l'égalité, a présenté un projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles. Ce texte s'inscrit dans la logique répressive et cherche à renforcer l'arsenal juridique pour poursuivre différents types de violence. Le projet de loi, si adopté, pénalisera aussi le harcèlement sexiste dans l'espace public (« outrage sexiste »), faits qui peuvent déjà être poursuivis par d'autres articles du code pénal. Il reçoit la critique des magistrat.e.s qui le trouvent « inapplicable et incohérent », mais aussi des féministes. Car la loi pénalisera seulement certaines formes de sexisme tout en rendant invisibles d'autres formes, ce qui est non seulement inefficace dans la lutte pour l'égalité, mais risque de stigmatiser des populations déjà marginalisées.


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Maroc : loi sur les violences faites aux femmes

Les différentes chambres parlementaires marocaines traitent actuellement un texte de loi sur les violences faites aux femmes. Ce texte incrimine certains actes comme des violences, durcit aussi les sanctions contre des actes déjà répréhensibles et prévoit des mécanismes de prise en charge des femmes victimes de violence. Les associations féministes signalent toutefois que leurs observations n'ont pas été prises en compte : le texte ne prend pas en compte les définitions internationales des violences, comme le viol conjugal notamment.


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Les nouveaux mots du Robert

Comme chaque année, le dictionnaire le Robert intègre de nouveaux mots et de nouvelles expressions, car la langue évolue, quoiqu'en pensent les dinosaures de l'Académie française... On y constate les effets de #MeToo : ainsi le Robert découvre l'expression « violences faites aux femmes », une réalité pourtant plus ancienne que le dictionnaire lui-même. Phénomène plus récent, l' « écriture inclusive » fait également son entrée. Mais cette attention à la catégorie « femmes » ne va pas sans dérapages. Ainsi, comme le relève lesnouvellesnews.fr, le « frotteur » serait « une personne, souvent homme, qui recherche les contacts érotiques à la faveur de la promiscuité dans les transports en commun ». Il faudrait donc rappeler au Robert qu'une agression sexuelle n'est pas un « contact érotique ». Et que les « frotteurs » ne sont pas simplement « souvent » des hommes...


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Italie : loi en faveur des orphelin.e.s des féminicides

En février dernier, l'Italie a changé des articles de son code civil et pénal pour protéger les enfants devenu.e.s orphelin.e.s suite au meurtre de leur mère dans les cas de violences conjugales et des féminicides. Désormais, le meurtrier n'aura notamment plus le droit d'hériter de la victime ou de toucher sa pension comme c'était le cas avant. Les droits des orphelin.e.s sont mieux protégés, notamment en ce qui concerne leur logement, suivi psychologique, formation et leurs frais légaux en cas de procès. Ces changements ont été accueillis positivement par les associations et la société civile, car si ça n'enlève en rien la gravité de ces meurtres, c'est une avancée réelle pour la protection des enfants victimes.


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Un refuge pour jeunes LBGT+ à Bruxelles

Ce projet d'hébergement temporaire en appartement communautaire et d'accompagnement est coordonné par l'ASBL Midnimo. Il accueillera des jeunes entre 18 et 25 ans, expulsés de leur domicile familial par leur parents pour des raisons de genre et d'orientations sexuelles. Le refuge accueillera aussi des jeunes migrant.e.s LGBT+. L'objectif est d'aider les jeunes à acquérir leur autonomie.


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#Cuéntalo = #MeeToo d'Espagne puis d'Amérique latine

Après qu'en avril, le viol collectif de cinq hommes sur une femme de 18 ans à Pampelune ait été qualifié « d'abus sexuel », et la parole de la jeune femme mise en doute par les juges, des milliers de femmes espagnoles se sont mises en mouvement. Elles sont sorties dans les rues à dizaines de milliers en clamant les slogans « Non, c'est non », « Ce n'est pas un abus, c'est du viol » et « Moi, je te crois ». Cela a découlé sur le hashtag #Cuéntalo (« raconte-le ») qui encourage les femmes a sortir du silence pour que le monde prenne conscience de l'ampleur de ces violences. Ce hashtag est devenu viral également en Amérique latine, en commençant par l'Argentine. Il en ressort des témoignages de violences, et certaines parlent aussi pour celles qui n'ont plus de voix, victimes de féminicide.


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Les victimes de violences conjugales s'entraident

L'association Lady Letters aux Pays-Bas met en lien des femmes vivant actuellement des violences conjugales avec des femmes survivantes. Ces "buddies" – formées et soutenues par l'association - soutiennent les premières dans leurs démarches de séparation et sont présentes dans les contacts avec leur ex-partenaire violent. Egalement aux Pays-bas : une ligne d'écoute gratuite et anonyme, par des femmes victimes de violence conjugale pour des femmes dans la même situation. Hear my Voice est lancé par quatre maisons d'accueil qui veulent compléter les services pour victimes par cette ligne d'écoute à bas seuil.





LA SCIENCE DIT...


Se défendre. Une philosophie de la violence. Elsa Dorlin

Comment penser la résistance violente des opprimé.e.s, comment la distinguer de pratiques d'oppression, tout aussi violentes, mais moins légitimes ? Ces questions se posent aussi dans notre pratique, mais jusqu'ici, peu de sources francophones ont pu accompagner notre réflexion. Ç'en est fini. Dans un voyage à travers le temps et le monde, la philosophe Elsa Dorlin présente des instances de l'histoire humaine qui peuvent nous informer et réfléchir. Sur la nécessité des corps opprimés d'extérioriser leur rage (les arts martiaux issus de la traite négrière et de la colonisation), sur la dignité préservée dans une lutte sans espoir (le soulèvement du ghetto de Varsovie), sur le besoin d'autodéfense pour le plein statut de citoyenne (les suffragistes anglaises pratiquant le jiu jitsu). Ces instantanées, pour n'en citer que trois – le livre en regorge - sont bouleversantes dans leur force d'écriture (académique et donc pas toujours très accessible) et dans leur pertinence pour ce chantier désormais ouvert qui est nommé dans le sous-titre du livre : une philosophie de la violence. Notre lecture en tant que formatrices d'autodéfense, ici

Elsa Dorlin (2017) : Se défendre. Une philosophie de la violence.






ON A LU, VU, ECOUTE POUR VOUS...


La petite fille sur la banquise

On peut tout savoir du syndrome de stress post-traumatique. On peut connaître les effets que peut causer un viol. Mais c'est encore autre chose de le vivre de l'intérieur, de sentir ce que ça fait au corps, aux relations amoureuses et sociales, à ce minimum de confiance en soi et aux autres dont on a besoin pour que la vie ne soit pas un long fleuve intranquille. Et cela, seul l'art peut sans doute le transmettre. C'est ce que fait de manière saisissante Adélaïde Bon dans La petite fille sur la banquise. Agressée à neuf ans, elle a eu la « chance » d'être entendue par ses parents, de voir la plainte enregistrée par la police... « Et puis, les années passeront, ils oublieront ce dimanche ensoleillé du mois de mai, ou plutôt, ils n'en parleront pas. ». Et pourtant, à l'intérieur d'elle, ce qu'elle appelle « les méduses » feront des ravages. Vingt-trois ans après, coup de fil de la police : son agresseur a été identifié et arrêté. Grâce au procès, grâce aussi au soutien de Muriel Salmona, la « petite fille sur la banquise » retrouvera le contact avec les autres et surtout, avec elle-même.

Adélaïde Bon : La petite fille sur la banquise


Paroles d'honneur

Paroles d'honneur est une BD reportage qui nous parle sexualités et nous fait parcourir le Maroc d'aujourd'hui. Leïla Slimani partage des témoignages collectés lors de rencontres et relate des évènements d'actualité. Ça lui permet d'aborder d'un point de vue politique des sujets tels que les rôles genrés, la virginité, la honte, le célibat, le mariage, l'avortement, le lesbianisme et l'homosexualité, les droits sexuels... Principalement à travers les réalités des femmes, elle dresse le portrait d'une société contemporaine où la vie intime et sexuelle est très codifiée et réprimée par la religion et l'Etat et fait l'objet de tabou et de violences tant au niveau individuel que collectif. De quoi réfléchir aux enjeux et aux luttes toujours très actuels, ici ou ailleurs.

Leïla Slimani (2015) : Paroles d'honneur





LA REBELLE DU MOIS


Révolutionnaire à la haïtienne

La révolution haïtienne a été un moment clé dans l’histoire de l’humanité. Elle a conduit à la naissance de la première république indépendante noire, mais elle a en plus été le catalyseur des luttes contre l’esclavage, des luttes de décolonisation et elle a permis d’ajouter le mot « tous » à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Elle a été menée par des hommes mais aussi par des femmes qui se mobilisèrent de gré, peut-être de force ou entraînées par la violence du moment pour mener la guérilla contre les colons français. Sanité Belair, notre femme rebelle du mois, est considérée comme l’une des héroïnes les plus symboliques de l’indépendance d’Haïti.





AGENDA


Activités de Garance

Tarifs et modalités d'inscription

A Bruxelles

Dates Intitulé Lieu
9 et 10 juin 2018 de 10h à 17h Autodéfense pour personnes LGBT+ Garance asbl,1000



Avec la participation de Garance



Dates Intitulé Lieu
6 juin à 20h30 WAW (We Are Woman) (danse) + table ronde « De vrais mecs ? Etre un homme aujourd’hui » Théâtre Varia, Bruxelles


 

 

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