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Garance asbl

 

 

Newsletter n° 75 – mars 2018



AGENDA


A LA UNE


Colloque « Femmes, justice, répression »

Ce 3 mars, notre colloque longuement préparé a enfin eu lieu. Devant une salle bien remplie, nous avons pu écouter des professeures de droit et d'histoire, des criminologues, des avocates, nous parler des rapports complexes des femmes avec la justice. « Mettre fin à l'impunité », est-ce vraiment le principal objectif de la lutte féministe contre les violences ? Est-ce que la prison n'encourage pas plutôt la récidive ? Mais alors, que proposer d'autre ? Quels types de réactions à la violence pourraient satisfaire les besoins de la victime, de l'auteur, de la société ? Même si le colloque a abouti à davantage de questions que de réponses, le public semblait satisfait de sa journée. Quant à nos intervenant.e.s, voici quelques extraits des commentaires que nous avons reçus : « instructif et intelligent et en plus très sympa », «  interventions très équilibrées et intéressantes », « très riche et très stimulant ! » « J’ai beaucoup aimé l’esprit qui y régnait et la cohérence de vos questionnements, et vos interrogations sans tabou ». Un sujet à creuser, avec notamment Fem&Law,association de juristes féministes que nous avons pu découvrir.





GARANCE EN BREVES



Garance déménage

Ca y est : Garance déménage le 12 avril prochain. Les travaux dans nos nouveaux bureaux vont bon train. Pour que le déménagement se passe au mieux, nous avons décidé de « fermer » l'association pendant trois semaines. Nous ne serons pas joignables du 2 au 20 avril inclus. Dès le 23 avril, nous assurerons à nouveau notre poste. Même si il reste encore beaucoup de travail, nous avons hâte de pouvoir occuper nos locaux que nous avons attendus bien longtemps. Notre nouvelle adresse à partir du 23 avril prochain : Rue Royale 55 à 1000 Bruxelles. Pour notre pendaison de crémaillère, patientez encore jusqu'à l'automne prochain.


Marches dans les Marolles !

Dans la continuité de son travail sur les ressentis, la place et les revendications des femmes pour des espaces publics égalitaires, Garance propose à toutes les femmes qui habitent ou travaillent dans le quartier des Marolles ou qui le fréquentent ou le traversent d'enfiler leurs baskets pour plusieurs str> marches exploratoires. Vous pouvez déjà vous inscrire à la marche du 21 mars à 10h ou à celle du 3 avril à 18h. Nous pouvons aussi nous adapter à vos disponibilités, rendez-vous sur notre site ou sur Facebook pour la marche à suivre, sans jeu de mots.



Ateliers pour les femmes en déficience intellectuelle!

Garance met en place un nouveau programme d'éducation par les paires, cette fois-ci adressé aux femmes porteuse d'une déficience intellectuelle. Les femmes concernées qui le désirent, chacune accompagnée d'une éducatrice, suivront une formation pour mener des ateliers de la sécurité avec leurs « soeurs » d'expériences. Ensemble, elles pourront se rassembler, renforcer leurs ressources de prévention des violences et construire du savoir spécifique à leurs vécus. Les organisations et personnes intéressées de participer au projet peuvent contacter Garance.



Garance dans le magazine Symbiose

Le magazine de l'éducation relative à l’environnement (ErE) Symbiose a intitulé son numéro du premier trimestre 2018 « L'ErE fait de son GENRE ». Un chouette numéro consacré aux questions de genre et leur lien avec l'environnement et l'éducation. L'occasion aussi de parler de le travail sur l'accessibilité genrée des espaces publics que nous menons depuis six ans grâce à l'outil des marches exploratoires. Un numéro à lire !





C'EST ARRIVE PRES (OU TRES LOIN) DE CHEZ VOUS


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Le 8 mars dans le monde 

Aux quatre coins du monde, les femmes se sont emparées des rues à l'occasion de la journée des luttes et des droits des femmes : Istanbul, Montevideo, Tunis, Beyrouth, Varsovie, Afrin, Buenos Aires, Mossoul, Pristina, New Dehli, et tant d'autres. Notre solidarité s'adresse notamment aux femmes de la Ghouta qui ont passé ce 8 mars sous la Chlorine et le Napalm. Des grèves de femmes ont également eu lieu dans plusieurs pays comme le Royaume-Unis, l'Argentine, la Suède, l'Italie et bien sûr.... l'Espagne, avec une grève historique ! Plus de 5.000.000 de personnes pour montrer que « si les femmes s'arrêtent, le monde s'arrête ! », lutter contre leur précarisation économique et sociale et contre le sexisme sous toutes ses formes.


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Pendant ce temps-là... à Gand

Plus près de nous, une action a eu lieu à l'Université de Gand, dont le recteur s'était fixé comme objectif une université plus « inclusive ». Rappelant que 72% des professeurs sont des hommes, alors qu'à l'autre bout la toute grande majorité du personnel de nettoyage sont des femmes, les grévistes réclament davantage d'égalité : d'un côté plus de femmes professeures lors des futurs recrutements et de l'autre, la fin de l'externalisation de services de nettoyage, pour écarter des firmes peu attentives aux conditions de travail. Les protestataires réclament également moins de stress dans les études et une vraie prévention des agressions, ainsi qu'un meilleur suivi, notamment par la création d'un point de signalement pour rapporter toutes les formes de violences et de discrimination.


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Une femme congolaise contre les violences

Julienne Lusenge a reçu le Prix International des Droits des Femmes 2018 le 20 février dernier. Solidarité pour la paix et le développement, l'organisation dans laquelle elle oeuvre depuis 30 ans, combine à la fois une prise en charge intégrée des victimes de violences sexuelles, ainsi que des démarches de résolution et de transformation des conflits. Car, comme le dit très justement Julienne Lusenge, « nous devons travailler pour la paix afin de lutter contre toutes les autres formes de violences faites à la femme ».


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Intrusion policière dans la vie privée des personnes trans*

Depuis le 1er janvier 2018, chacun.e est libre selon la loi de choisir son « sexe » sur ses papiers d’identité. Mais dans plusieurs provinces wallonnes, à la demande du procureur du Roi, la police convoque systématiquement les personnes qui ont fait ces démarches pour les interroger sur des aspects de leur vie privée et donner un avis subjectif sur leur droit ou non de « changer de sexe » administrativement. Cela va à l’encontre du respect de la vie privée, stigmatise les personnes trans* et enfreint leur droit à l’autodétermination. Les trois coupoles régionales LGBT+ et Genres Pluriels ont rédigé un communiqué de presse qui interpelle le Ministre de la justice pour que ces pratiques soient interrompues d’urgence.


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Slovaquie : l'épouvantail du gender

Après que la Pologne s'est retirée de la Convention d'Istanbul sous prétexte que lutter contre les violences faites aux femmes serait une discrimination envers les hommes, la Slovaquie en rajoute une couche. Ratifier cette convention serait incompatible avec la définition du mariage inscrite dans la constitution slovaque, dixit le Premier Ministre Robert Fico. Non, rassurez-vous, la constitution slovaque ne définit pas le mariage comme un espace où les hommes peuvent maltraiter leurs épouses. La crainte de Fico est que lutter contre les stéréotypes de genre, comme c'est prévu dans la Convention d'Istanbul, éliminerait les rôles traditionnelles des maris et épouses - qui ne sont pas inscrites dans la constitution...


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Loi anti-sexisme, au service de qui ?

Quatre années après l'adoption de la loi anti-sexiste, les tribunaux viennent à peine d'enregistrer une première condamnation pour sexisme envers une femme... agente de police. Entendez l'ironie : quand il s'agit de combattre les violences faites aux femmes, il faut être représentante de l'ordre (ordre d'ailleurs connu pour ses violences propres) pour espérer être entendue. Bref, force est de constater que la loi ne résout ni le sexisme, ni les obstacles que rencontrent les femmes à porter plainte. Si elles y arrivent, leur récit est généralement enregistré sous d'autres chefs d'accusation. Comme nous l'entendons souvent : « les plaintes c'est peut-être bon pour les statistiques, mais la loi ne nous défend pas ».


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Carte blanche

Le 7 mars, le Bureau du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles organisait un colloque sur le thème « Egalité femmes-hommes : où en est-on ? » A voir la présentation et la liste des invité.e.s, on n'en est nulle part : le Parlement trouvait opportun, à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, de lancer un « débat » sur la pertinence du mouvement #MeToo, et le soupçon de « puritanisme » lancé par certain.e.s. L'invité « vedette » était le philosophe français Raphaël Enthoven, qui ne cesse de faire la leçon aux féministes et à leurs « dérives ». En signe de protestation, des organisations féministes (dont Garance) ont refusé de participer au colloque. Une carte blanche dénonçant cette activité est parue dans le Soir du 5 mars, et elle a recueilli à ce jour plus de 200 signatures. Il ne s'agit pas de refuser le débat : mais ce n'était ni le lieu, ni le moment.








ON A LU, VU, ECOUTE POUR VOUS...


Au cinema: La belle et la meute

Lors d'une soirée en boîte à Tunis, Mariam sort avec un ami prendre l'air sur la plage. Des policiers les interpellent pour un contrôle. La scène suivante, Mariam est débraillée et sous le choc. Elle a été violée par les policiers. Cette nuit devient alors pour elle une errance labyrinthique. Embarquée dans une succession de huis clos, elle fait face au personnel de l'hôpital puis du commissariat de police et résiste toujours à l'oppression de se voir changée de victime en coupable. De victime sous le choc prête à renoncer à déposer une plainte, elle s'éveille et devient une combattante déterminée à défendre ses droits. La réalisatrice Kaouther Ben Hania montre une femme inspirante qui mène héroïquement une bataille personnelle et politique contre le machisme.



Encore au cinema : Ni juge ni soumise

Le film a pour « héroïne », Anne Gruwez, juge d’instruction à Bruxelles, que l’on peut suivre dans sa vie professionnelle. La trame principale est la réouverture d’un « cold case » concernant les meurtres de prostituées dans les années 90. Les avancées scientifiques permettraient peut-être une meilleure identification ADN des hommes suspectés à l’époque,. On suit en parallèle de cette enquête le quotidien de la juge et on assiste à l’interrogatoire de personnes suspectées de délits, allant du vol à l’arrachée à l’infanticide, la juge faisant preuve tantôt de bienveillance, tantôt de condescendance et de paternalisme. Presque tou.te.s les supect.e.s sont racisé.e.s et/ou appartiennent à la classe populaire, ce qui intensifie l'effet oppressif de cette mise en scène du pouvoir. Les citations truculentes de la juge, toujours sur le ton de l’humour, dénotent la minimisation des violences envers les femmes, le victim blaming ou le racisme. En bref, si l’on rit c’est plutôt jaune, et il règne une ambiance malsaine de voyeurisme forcé dans l’intimité des personnes placées dans une situation d’inégalité face à l’institution judiciaire.





LA REBELLE DU MOIS


Une lady dans la jungle des sciences

Notre femme rebelle de mars est l'une des dix femmes (contre 189 hommes) à recevoir le prix scientifique le plus prestigieux. Elle fut souvent la seule femme présente dans de nombreux colloques, si bien qu'à l'introduction, on commençait par « my lady and gentlemen». « J'ai pu faire ma découverte parce que j'étais la seule à travailler dans ce domaine spécifique de la neurologie. J'étais seule au milieu d'une jungle, je ne savais rien ou presque rien. Trop savoir, souvent, entrave le progrès. Mon intelligence est médiocre et mon engagement un peu plus que médiocre. Mais, trois passions simples ont gouverné ma vie : la recherche de la connaissance, la soif d'amour, et une poignante compassion pour la souffrance de l'humanité. » Découvrez la vie de Rita Levi Montalcini.





AGENDA


Activités de Garance

Tarifs et modalités d'inscription

Dates Intitulé Lieu
21 mars de 10h à 12h Marche exploratoire Marolles
24 et 25 mars 2018 Défense verbale pour femmes, Louvain-la-Neuve infos et insciptions : Chez Zelle,1348 Louvain-La-Neuve
31 mars 2018 Autodéfense pour filles de 8 à 10 ans, Bruxelles Maison des Femmes, 1030
14 et 15 avril 2018 Autodéfense pour femmes, Ottignies Maison de la Citoyenneté, 1340
14 avril 2018 Autodéfense pour filles de 14 à 16 ans, Louvain-la-Neuve infos et insciptions : Chez Zelle,1348 Louvain-La-Neuve
16 avril 2018, de 19 à 21h Entraînement Namur ASBL Cinex, 5000
21 et 22 avril 2018 Défense verbale pour femmes, Schaerbeek Maison des Femmes, 1030
21 et 22 avril 2018h Autodéfense pour femmes, Schaerbeek Maison des Femmes, 10300



 

 

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