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NEWSLETTER n°58 - Mars 2016

     

A LA UNE


Une journée d'ateliers gratuits pour la sortie d'une nouvelle brochure !

À l'occasion de la sortie de sa nouvelle brochure « Libres à tous les coups – Guide d'autodéfense LGBT+ », Garance propose une journée de présentation avec des ateliers gratuits pour lesbiennes, gays, bi·e·s, trans*, queers, intersexes et leurs allié·e·s le samedi 2 avril 2016 à partir de 9h30 à De Markten, rue du Vieux Marché au Grains, 5 à 1000 Bruxelles.

Le programme de la journée est à consulter ici .

Et si vous êtes intéressé·e, merci de vous inscrire par mail ou par téléphone au 02 216 61 16

Au plaisir de vous y voir nombreux·euses !





GARANCE EN BREVES


Enfants CAPables en effervescence

Depuis le 25 février, notre équipe d'animatrices a donné une trentaine d'ateliers dans 2 écoles de Bruxelles, l'une à Uccle et l'autre à Bruxelles-Ville. Plus de 600 enfants (ainsi qu'une centaine d'adultes), ont reçu des outils adaptés pour pouvoir identifier les situations d'agression et pour pouvoir appliquer un/des stratégie/s adéquate/s afin de faire respecter leurs droits. Nous nous réjouissons de ces premiers pas – ou plutôt premières enjambées – vers plus de sécurité, de force et de liberté pour les enfants.


Irene Zeilinger dans Le Monde Diplomatique

Un article du Monde Diplomatique de février 2016 présente les pratiques de luttes et l'auto-organisation des suffragettes (enfin, des suffragettes blanches) face la violente répression qui tombait sur elles. Dans cet article, le journaliste Daniel Paris-Clavel fait référence à une citation du livre Non, c'est Non : « A travers la pratique du jujitsu, les suffragettes anticipèrent l'avertissement donné par la sociologue et formatrice autrichienne Irene Zeilinger dans son Petit manuel d'autodéfense à l'usage des femmes qui en ont marre de se faire emmerder sans rien dire : 'L'agresseur décide qu'il y aura violence ; à nous de décider contre qui cette violence sera décidée' ».

Et pour une petite critique de la non représentation des minorités visibles dans le film Les Sufragettes, qui est sorti dans les salles en novembre 2015, allez voir ici.

Cette critique est valable pour l'article aussi d'ailleurs.


Discussion et débat sur le harcèlement ordinaire dans l'espace public

Ecolo/Groen Bruxelles a organisé, dans le cadre de la journée internationale des droits des femmes, une discussion sur la place des femmes dans la ville, le harcèlement ordinaire et l'espace public. Après une marche exploratoire dans le quartier de la place Fontainas, Garance a été conviée pour discuter de cette thématique abordée dans son projet « Espace public, genre et sentiment d'insécurité » réalisé il y a 4 ans à Bruxelles, et aussi sur l'évolution du projet des marches exploratoires à Namur. Il y a avait aussi comme intervenante, Marie Gillow, auteure d'un mémoire (Mobilité des femmes et sentiment d'insécurité en milieu urbain bruxellois : enjeu spatial, enjeu social) qui a reçu le prix de l'Université des Femmes du meilleur mémoire en 2015 et qui a été repris sur Brussels Studies et Adelheid Byttebier, échevine Groen de l'égalité des chances à Schaerbeek.

L'occasion pour Garance de partager l'évolution de ses réflexions et d'échanger sur l'outil des marches exploratoires. Une soirée très intéressante et riche en échange.


C'EST ARRIVE PRES (OU TRES LOIN) DE CHEZ VOUS

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Viol : un sondage accablant

Certes, ce n'est pas vraiment une étude scientifique, mais Ipsos est tout de même un institut sérieux, et même en tenant compte de la marge d'erreur et des biais d'un questionnaire en ligne, les résultats de ce sondage sont accablants.

Les idées reçues sur le viol ont décidément la vie dure auprès des Français – hommes et femmes confondus. Ainsi, 61% des Français et 65% de Françaises considèrent qu’un homme a plus de mal «à maîtriser son désir sexuel qu’une femme», selon le sondage. Près d’un tiers (30,7%) des 18-24 ans assurent que «les femmes peuvent prendre du plaisir à être forcées lors d’une relation sexuelle». Flirter, adopter une attitude séductrice, accepter d’aller seule chez un inconnu, constitue aussi pour plus d’un quart des Français·e·s (27%) un motif de déresponsabilisation du violeur, sur le mode «Elle l’a bien cherché...». Une proportion non négligeable (17%) estime aussi que forcer sa conjointe à avoir un rapport sexuel alors qu’elle le refuse n’est pas un viol. Enfin, alors que l'on sait que dans la grande majorité des cas, l'agresseur est connu de la victime, plus de la moitié des sondé·e·s (55%) jugent à tort que l’espace public est le plus dangereux.

Les Français·aises sous-estiment fortement le nombre de viols et surestiment par contre la proportion des plaintes. Et le mythe des « fausses dénonciations » est également tenace : les sondé·e·s considèrent que certaines victimes accusent à tort leur agresseur, pour se venger (32%) ou pour attirer l’attention (23%).

Dans cette culture du viol, la série française « Plus belle la vie » a fait fort. Dans un épisode diffusé fin février, le personnage de Coralie est victime d’un viol commis par son nouveau compagnon. Dans la foulée, le compte @PBLVofficiel publie la question suivante : «Qu’avez-vous pensé de la scène de viol conjugal diffusée hier soir ?» Les réponses proposées sont ainsi énoncées : «J’ai été horrifié(e)/Coralie l’a cherché/Ce n’est pas un viol.»

La bonne nouvelle, c'est l'indignation que ce « sondage » très particulier a soulevée et qui a obligé les responsables de la série à présenter leurs excuses.


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Violence dans le genre

Fréquemment nous sommes confrontées à des mises en doute de ce que de nombreuses féministes - militantes, académiques, sur le terrain - nomment le continuum des violences que vivent les femmes. Dernièrement, c'est l'Académie Royale des Sciences et des Lettres à Bruxelles, qui a accueilli une conférence s'inscrivant dans cette tendance, que nous appelons anti-féministe. Il s'agit, pour Drieu Godefridi, de dénoncer comme étant idéologique, l'idée que le genre résulte d'une construction sociale. Ainsi que de qualifier de « songe totalitaire échappant à tout débat démocratique » la prise en compte de certaines revendications féministes dans des cadres de loi. Cela pose question qu'une institution comme l'Académie Royale accueille ce genre d'événement. Des académiques travaillant sur les questions de genre ont d'ailleurs interpelé Hervé Hasquin, le secrétaire perpétuel de l'Académie Royale, à ce propos dans un courrier.

Les féministes continuent de se concentrer sur leur agenda bien rempli comme à chaque début du mois de mars – pour rappeler que non, « l'égalité n'est pas déjà là ».

Autrement dit notre mobilisation, individuelle et collective, est nécessaire ainsi que notre vigilance, face au ressac réactionnaire !


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Pub et stéréotypes sexistes: revers de tactique

Une marque de lessive vendue internationalement surfe sur la vague des idées féministes et joue la carte du sincère repentir, après des décennies de pubs montrant les femmes dans le rôle de la ménagère obsessionnelle hyper-ravie par la propreté éclatante de son linge. Le nouveau spot est paru en Inde. Il nous raconte, à travers les excuses d'un vieux père à sa fille devenue mère de famille, comment les stéréotypes nous blessent et sont transmis de générations en générations. Il explicite comment le fait de jouer au papa et à la maman en les imitant façonne chez les enfants la vision de soi, les comportements et les rôles à plus long terme. Voir cela dans une pub de lessive c'est surprenant, presque émouvant et, ne soyons pas complètement dupes, très vendeur.


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We Do It Together

Le sexisme systémique au cinéma, c'est pas fini. Inégalités salariales, harcèlement et stéréotypes sont le lot quotidien des actrices et des femmes travaillant dans l'industrie du cinéma. Pour faire avancer le shmilblik, quelques actrices et réalisatrices* ont créé We Do It Together, société de production à but non lucratif qui a pour mission de promouvoir le travail des femmes sous-représentées et discriminées à Hollywood et plus largement dans l’industrie du cinéma. Les fondatrices ont confiance que les films ont le pouvoir de défier les conventions et de changer les mentalités, et veulent que ce pouvoir soit mis à profit pour remettre en question les normes archaïques qui pèsent sur les femmes. La société projettera sont premier film The Guardian au prochain festival de Cannes.

*Queen Latifah, Freida Pinto, Juliette Binoche, Jessica Chastain, Zhang Ziyi, Catherine Hardwicke


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La Marche Non Mixte de Bruxelles

Une petite troupe de femmes* s'est retrouvée à Bruxelles samedi après-midi pour marcher, scander et chanter les résistances féministes face aux instrumentalisations des luttes contre les violences faites aux femmes à des fins racistes, sécuritaires et impérialistes, face au paternalisme, ainsi qu' à l'invisibilisation des violences machistes.

Merci aux femmes en lutte, particulièrement à celle·ux qui ont mis toute cette énergie pour que cette marche se réalise !

*La manifestation était ouverte à toute personne qui a vécu ou vit une oppression en tant que femme ou perçue comme telle


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Victimes ou coupables ?

« Hier, je suis morte... Mais l'humiliation qui a suivi est bien plus douloureuse », écrit Guadalupe Acosta, une étudiante paraguayenne, indignée par les réactions suivant l'annonce de l'assassinat de deux randonneuses argentines en Équateur.

Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes se sont permis d'insinuer qu'en voyageant « seules » (entendez : sans homme), les deux jeunes femmes ont « cherché les problèmes ». Un célèbre psychiatre argentin s'est demandé pourquoi elles avaient « pris un tel risque ». « Lorsqu'ils ont découvert mon corps, personne ne s'est demandé où se trouvait la personne qui a mis fin à ma vie et à mes rêves », écrit Guadalupe Acosta. « Non, au lieu de cela, on me pose des questions futiles telles que "comment étais-tu habillée? Etais-tu seule? Pourquoi voyageais-tu seule et surtout dans un pays dangereux? (...) Au moment où je suis morte, je me suis rendu compte que je ne serai jamais traitée comme un homme. Cette mort est ma faute, et elle le sera toujours. Je suis responsable », ajoute-t-elle, avant de conclure : « Je vous demande, au nom de moi-même ainsi que de toutes les femmes mises au silence, à toutes celles dont la vie a été anéantie, d'élever la voix ». Appel entendu, puisque son message a été lu et partagé des centaines de milliers de fois.





LA SCIENCE DIT...

Les violences sexuelles en chiffres

A l'occasion du 8 mars, le Vrouwenraad et l'association "Wij spreken voor onszelf" (Nous parlons pour nous-mêmes) publient une enquête sur les violences sexuelles en Belgique. Des chiffres "interpellants", comme on dit.

Ainsi on y rappelle qu'en Belgique, chaque jour, 8 plaintes sont déposées pour viol, dont 4 sur des mineur·e·s et le tiers pour des enfants de moins de 10 ans. Alors même que 9 victimes de violences sexuelles sur 10 ne portent pas plainte. Un·e mineur·e sur 3 et un·e adulte sur 2 n'en parlent même à personne.

90% des agresseurs sont des hommes et 93% des victimes sont des femmes. Dans la majorité des cas, l'agresseur est connu de la victime, cela va jusqu'à 3 cas sur 4 lorsque la victime est une femme (un peu moins pour les hommes, mais plus encore pour les mineur·e·s). 50% des plaintes sont classées sans suite et seulement 13,5% donnent lieu à une condamnation.

Une fille sur 5 et un garçon sur 10 sont confrontés à des comportements de harcèlement, que ce soit à l'école, dans la famille ou dans les mouvements de jeunesse. C'est même le double pour les jeunes homosexuel·le·s.

L'enquête s'intéresse aussi à l'impact de ces violences, sur la santé, l'estime de soi, les problèmes relationnels. Pour terminer par une série de faits : les violences sexuelles ont lieu dans toutes les couches de la population. Il ne s'agit pas de sexe mais de pouvoir et les responsables en sont, à 100%, les agresseurs. Jamais les victimes.





ON A LU, VU, ECOUTE POUR VOUS...

Contre-feux féministes à l'Université des femmes

Du sexisme ordinaire aux féminicides, en passant par la mysogynie douce ou virulente, durant une formation à l'Université des Femmes, nous avons passé en revue les déclinaisons de l'anti-féminisme, identifié leurs cibles et leurs effets. Le terme anti-féminisme est un mot actuel, même s'il s'inscrit dans un ensemble bien plus vieux (mysogynie, machisme, sexisme). « Cet ensemble s'appuie sur la naturalisation, le mépris, et l'objectivation des femmes et parfois même sur la haine de celles-ci», nous dit Francine Descarries, sociologue et membre de l'IREF (l'institut de recherches et d'études féministes de l'UQAM à Montréal) qui était une des invitées du colloque.

Trois articles concernant la réflexion suite à ce colloque seront mis en ligne sur le site de Garance. Le premier est d'ores et déjà à découvrir ici.


Parcours de migrantes, la campagne d'Amnesty

Garance soutient la campagne lancée par Amnesty International le 7 mars dernier. A partir de témoignages de femmes réfugiées et de demandeuses d'asile, les deux outils multimédia de cette campagne illustrent les violences et discriminations qu'elles ont vécues tout au long de leur parcours depuis la Syrie jusqu'en Allemagne. Le mini-site et la vidéo appellent à signer la pétition à destination des autorités politiques belges, demandant la mise en place de voies légales et sûres, d'acheminement pour les personnes qui fuient les violences de leur pays. Amnesty a également lancé un hashtag #Sign4SafeRoutes.






AGENDA 


Activités de Garance

Dates Intitulé Lieu
11/04,18/04,25/04,2/05,9/05 de 14 à 17h Femmes 55+ Maison des femmes, 1030
Entraînement à Tournai : Techniques au sol Entraînement, Tournai Centre Aurore Carlier, 7500 Tournai
WE 23 + 24/04/16 Autodéfense pour femmes. COMPLET Maison des femmes, 1030

Tarifs et modalités d'inscription



Activités hors Garance, avec notre présence


24/03/16 à 20h00 Après le spectacle Clothilde du Nord, débat avec le public : "les violences entre partenaires: comment réagir et à quel moment". Théâtre de la Vie, 1210 Saint-Josse-ten-Noode
04/04 de 9h30 à 16h + 05/04 de 13h à 16h Stage Vidéo à la MJ de Wavre sur les représentations genrées dans notre société. Toutes les participantes des stages d'autodéfense Filles et Ado qui ont eu lieu à l'automne 2015 et au printemps 2016 à Wavre et à LLN, sont invitées à participer à ce projet. En deux jours, vous écrirez, filmerez et ferez le montage d'une capsule vidéo pour partager des expériences et illustrer la discussion autour des représentations des femmes et des hommes dans nos sociétés. Maison des Jeunes de Wavre La Vitamine Z, 1300 Wavre

 

 


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