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NEWSLETTER n°57 - Février 2016

     

A LA UNE


Déferlement médiatique chez Garance

Depuis début janvier nous connaissons au bureau un déferlement de demandes de journalistes , radio, télé, journaux papier ou sur internet. Plusieurs faits d'actualité viennent alimenter cet intérêt: les agressions de la nuit de nouvel an à Cologne, une femme agressée dans le métro à Bruxelles, dont le témoignage sur Facebook a provoqué nombre de commentaires, tout dernièrement ce procès pour viol à Gand dont l'accusé a été reconnu coupable mais qui est néanmoins non sanctionné, et finalement le témoignage de Marie Warnant sur le harcèlement sexiste dans l'espace public.

Si nous nous réjouissons de cette publicité faite à notre travail, cet engouement pose néanmoins quelques problèmes, et de taille. Les violences faites aux femmes s'organisent en continuum, c'est à dire qu'elles traversent tous les aspects de la vie des femmes et prennent racine dans un même facteur : le sexisme. La focalisation des médias sur certains faits divers a tendance non seulement à occulter les autres facettes du même problème, tout en se dédouanant d'une analyse de fond qui pourrait contribuer à un changement social nécessaire. De plus, la course au scoop et les conditions de travail dégradées des journalistes amènent plus d'un/e à régurgiter des informations sans analyse critique et à ainsi parfois renforcer des préjugés, racistes et autres.

Garance est évidement très heureuse de ces occasions de faire connaître les moyens de prévention des violences à un plus grand public et d'avoir l'occasion de nuancer ces discours. Mais nous attendons avec impatience que des médias jouent leur rôle dans une représentation anti-sexiste des femmes et des hommes et dans la démystification des violences faites aux femmes.





GARANCE EN BREVES


Une rencontre d'autodéfenseuses à la montagne : nous y étions !

C'est le joli décor enneigé de la Chartreuse, au nord de Grenoble, qui a accueilli une trentaine d'animatrices du projet CAP et d'autodéfense féministe pour une rencontre de 4 jours (une dizaine d'associations étaient présentes). Ce fut l'occasion de partager là où chaque équipe en est avec le projet CAP, les questionnements qu'il suscite encore ainsi que les possibilités de collaboration inter-associations. Nous avons aussi discuté ensemble des enjeux actuels auxquels doit faire face l'autodéfense féministe : dont le risque de récupération des luttes contre les violences faites au femmes par les discours sécuritaires.

Un tout grand MERCI à l'équipe de l'ASSPA de Grenoble pour avoir organisé cette rencontre qui fut remplie de moments intenses et constructifs !


Réflexion interne sur une justice alternative

Le récent jugement d'un cas de viol à Gand (voir plus bas : « Pas un viol brutal ») rejoint une interrogation que nous nous posons à Garance sur le sens d'une justice purement répressive. Ce sera le thème de notre réflexion interne pour cette année. Lors d'une première réunion, nous nous sommes livrées à un brainstorming collectif pour faire la liste des sujets que nous souhaitions aborder : qu'est-ce que le discours sécuritaire ? Comment détermine-t-on les actes « punissables » et qui a le pouvoir de le faire ? Qui sont les auteurs ? Quelle est la place des victimes ? Quelles alternatives à une justice purement punitive ? Un chantier passionnant s'ouvre à nous.


Journée de présentation de notre nouvelle brochure et ateliers gratuits

La nouvelle publication de Garance s'appelle : Libres à tous les coups - Guide d'autodéfense LGBT+.

À l'occasion de sa sortie, nous organisons une journée d'ateliers gratuits pour les personnes LGBT+ qui auraient envie de venir découvrir nos activités. C'est le samedi 2 avril prochain au De Markten, rue du Vieux Marché au Grain, 5 à 1000 Bruxelles de 10h à 17h. Il y aura un repas offert à midi et un verre après la journée.

Pour plus d'informations, n'hésitez pas à contacter le secrétariat de Garance . Le programme complet sera également en ligne sur le site très bientôt.

En espérant vous y voir nombreux·euses !


Formation Pro femmes migrantes

Garance passe à la vitesse supérieure dans ce projet : en plus de proposer des animations tous azimuts pour les groupes de femmes issues de l'immigration, nous préparons une formation pour les professionnel/le/s qui travaillent avec ce public, entre autres les intervenant/e/s dans l'accueil des demandeur/e/s d'asile : Comment aborder le sujet de la sécurité sans faire peur ? Quels conseils de sécurité leur donner sans tomber dans les clichés ou la culpabilisation ? Si ces questions vous intéressent, contactez le secrétariat de Garance pour connaître les premières dates.





C'EST ARRIVE PRES (OU TRES LOIN) DE CHEZ VOUS

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Royaume-Uni : féminisme au programme

C'est une étudiante de 16 ans qui a dénoncé la volonté du gouvernement de supprimer le féminisme du programme scolaire. Dans sa pétition, June Eric Udorie a ainsi réclamé la présence de plus de penseuses féminines (une pour 13 hommes !) dans le programme scolaire du « A-Level » (examen passé par les Britanniques au cours des deux dernières années de l'enseignement secondaire). L'étudiante critique également le fait que le féminisme ne soit pas présenté comme une philosophie politique majeure, au même titre que le conservatisme, le socialisme et le libéralisme. Sa pétition a remporté près de 50 000 voix. Le ministère de l'Education a alors admis que c'était effectivement une erreur. Le nouveau programme inclura donc le féminisme et rétablira l'égalité au sein des penseurs/euses étudié/e/s. Merci June !


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Assez de victimes ! Prenons la rue !

En 2016, les violences envers les femmes, c'est partout et tous les jours. Ça suffit!

A l'initiative de plusieurs associations féministes, une manifestation féministe non-mixte aura lieu le samedi 5 mars 2016 à 14h au départ de la Place Marcel Broodthaers (gare du midi, sortie Fonsny).


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Liens entre infrastructures et genre

EIGE (European Institute for Gender Equality) sort une nouvelle étude qui met en relation les infrastructures publiques et le genre. En expliquant que la façon dont la ville est construite a des impacts sur la vie des hommes et des femmes qui l'habitent et/ou la traversent. Cette réflexion est menée au sein de Garance depuis quelques années et c'est toujours intéressant d'avoir de nouvelles sources de réflexions.


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Pas un « viol brutal »

Cela se passe au tribunal correctionnel de Gand. Un présentateur radio est jugé pour le viol d'une jeune femme. On sait que peu de femmes portent plainte et que beaucoup d'affaires sont classées, faute de preuves suffisantes pour convaincre un tribunal. Mais là, aucun doute : le viol est reconnu et l'accusé en aveux. Pourtant, le verdict se limite à une une suspension de prononcé et un « dédommagement » de 4500 euros pour la victime.

La raison de cette clémence ? On la trouve dans la motivation du jugement : il ne s'agissait pas d'un « viol brutal », mais le coupable aurait « mal compris les signaux de la victime ». Elle avait beau lui avoir dit « non » à plusieurs reprises, ce n'était pas encore suffisamment clair pour lui. Car auparavant, la victime aurait « flirté » avec son agresseur. Il est donc entendu, pour ce juge, qu'un échange de baisers équivaut à une sorte de « permission » pour l'homme d'aller aussi loin que lui l'a décidé : il n'est pas censé comprendre lorsqu'une femme lui pose des limites : « jusqu'ici d'accord, mais pas plus loin ».

Voilà un très mauvais signal donné aux victimes, mais aussi à leurs agresseurs. Le Vrouwenraad, Conseil des femmes flamandes, a d'ailleurs protesté avec véhémence.

Le Parquet a fait appel après que ce jugement ait provoqué une indignation générale, bien au-delà des cercles féministes. Jusqu'au ministre de la Justice, Koen Geens, qui envisage des formations spéciales pour les juges en matière de violences sexuelles. Il souhaite aussi lancer une discussion pour rendre impossible une suspension de prononcé en cas de viol, ce qui provoque un tollé dans la magistrature, au nom de la séparation des pouvoirs. Pourtant c'est bien le politique qui vote les lois...


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Agression sexuelle en direct

Le 5 février dernier, au journal télévisé de la RTBF, la journaliste Esmeralda Labye intervient en direct du carnaval de Cologne. Un peu plus d'un mois après les agressions sexuelles massives dont des femmes ont été victimes durant la nuit du Nouvel An, l'attention est braquée sur cette ville. La séquence est surréaliste : tandis que la journaliste explique que des mesures de sécurité particulières ont été prises et que tout se passe bien, on peut voir en direct un homme mimer une scène sexuelle derrière elle, sans beaucoup de réactions des personnes alentour, ni d'ailleurs de la présentatrice du JT en studio. Ce n'est qu'après une série de réactions indignées, notamment de téléspectateurs/trices, que la RTBF reviendra sur l'incident et que Esmaralda Labye elle-même témoignera de ce qu'elle a subi, avant de porter officiellement plainte.


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Bye bye cyberharcèlement

Hollaback, le mouvement international contre le harcèlement sexiste dans l'espace public, revient à la charge avec Heartmob, un réseau social pour lutter contre le cyberharcèlement. Après deux ans de préparations, Hollaback a développé un système qui doit garantir que seulement des victimes de cyberharcèlement et les personnes qui souhaitent les soutenir puissent y accéder. Il est possible d'y témoigner de ses expériences et de communiquer pour soutenir, riposter etc. Un clip explique en une minute comment ça marche... en anglais seulement pour le moment.


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Les arroseurs arrosés

Les attaques de l’extrême droite US contre les droits reproductifs et sexuels des femmes ont atteint un nouveau sommet en juillet passé avec la publication d'un « documentaire » qui accusait Planned Parenthood, la fédération nationale des centres de planning familial, de vendre du tissu foetal post-IVG. Une cohue médiatique, une enquête criminelle, une attaque terroriste et une commission d'enquête parlementaire plus tard, le vent a tourné contre les auteurs de ce film qui devront répondre devant un tribunal pour falsification de documents du gouvernement et... tentative d'acheter des organes humains. Planned Parenthood a également porté plainte contre eux pour faux en écriture, violation de la vie privé, enregistrement clandestin illégal et violation de domicile. Et paf !





LA SCIENCE DIT...

Etude sur les violences subies par les Bruxelloises

Bianca De Baets, secrétaire d'Etat à la région bruxelloise chargée notamment de l'Egalité des chances, a commandé une étude sur les violences dont font l'objet les femmes bruxelloises. Plusieurs associations(1), dont Garance, lui ont adressé une lettre pour la féliciter de l'initiative, tout en lui faisant plusieurs remarques.

Tout d'abord, en insistant sur le cadre d'interprétation dans lequel cette étude sera faite, car « on ne trouve que ce qu'on cherche » : d'où l'importance de «  de concevoir les violences faites aux femmes comme produit et fondement de la société patriarcale et non comme le résultat d’actes et comportements personnels déviants ».

La lettre met également en garde contre un biais qui pourrait venir de la forme de l'étude, à savoir un questionnaire adressé à un échantillon représentatif de Bruxellois/es. On sait pourtant qu'il reste difficile pour beaucoup de victimes de révéler des violences subies, surtout quand cela touche à l'intime et concerne des proches. Impliquer dans l'étude des associations travaillant depuis de longues années avec des victimes pourrait améliorer la connaissance du phénomène.

Enfin, il faudra veiller à éviter le piège qui renvoie les problèmes constatés à l'origine et aux quartiers de résidence des personnes interrogées. S'il est évidemment intéressant d’affiner les contextes dans lesquels se développent les violences, il ne faut pas oublier des facteurs comme l'histoire personnelle ou les difficultés économiques et sociales, pour éviter une instrumentalisation des résultats à des fins racistes, comme on l'a vu récemment autour des agressions sexuelles de Cologne.

Enfin, au-delà de l'étude, les signataires insistent sur la nécessité de ne pas en rester à l'étude, mais de s'atteler aux solutions en y mettant un maximum de moyens, notamment pour tout ce qui concerne la prévention, trop souvent oubliée dans les politiques de lutte contre les violences.


(1) Lettre co-signée par Vie Féminine, Garance ASBL, SOS Viol, Amnesty International, Synergie Wallonie, le Centre de Prévention des Violences conjugales et familiales et Ella vzw.





ON A LU, VU, ECOUTE POUR VOUS...

À tout le monde, la cour de récré ? C'est pas certain

Espace, de Eléonor Gilbert est un court métrage documentaire de 2014, que nous avons découvert au festival « Elles tournent ». Il met en scène une fille d'une dizaine d'années, qui, dessin à l'appui, nous fait une démonstration de la répartition des espaces entre filles et garçons dans la cour de récré de son école. Accrochez-vous, c'est un triste tableau ! Bravo au cran de cette petite, qui a le courage de manifester son ras-le-bol face à la caméra !

Pour se procurer le film, allez voir du côté des Films Cabanes, et voici la bande annonce de Espace.

Ce court est passé au festival du film des femmes Elles tournent. Dans la même séance Space and Time trois autres très chouettes courts que nous recommandons vivement : My Kingdom, une hilarante animation chantée sur l'espace personnel, la fameuse bulle, sur les gens qui ne le respectent pas et ce qu'on peut leur faire ; Kung Fu Grandma, un documentaire touchant sur des femmes âgées dans un bidonville kenyan qui apprennent l'autodéfense pour résister aux agressions sexuelles qui se multiplient ; et Iranian Ninja, autre documentaire sur les iraniennes qui pratiquent le ninjutsu et comment cela peut s'intégrer dans leurs vies quotidiennes.




LA REBELLE DU MOIS

La faiseuse de vagues

S’il nous est possible aujourd’hui de porter le maillot de bain que l’on veut, il nous faut pour cela remercier l’Australienne Annette Kellermann. Sportive, actrice, businesswoman, Annette Kellermann a révolutionné la natation.





AGENDA 


Activités de Garance

Dates Intitulé Lieu
WE 5 + 6/03/16 Défense verbale pour femmes. COMPLET GC De Maelbeek, 1040
WE 5 + 6/03/2016 Autodéfense pour femmes, Tournai Centre Aurore Carlier, 7500 Tournai
WE 12 + 13/03/16 Autodéfense pour femmes. COMPLET Maison des femmes, 1030
WE 12 + 13/03/16 Autodéfense pour femmes, Namur Centre l'Ilon, 5000 Namur
14/03/16 Entraînement Bruxelles : Les agressions armées Maison des Femmes, 1030

Tarifs et modalités d'inscription



Activités hors Garance, avec notre présence


24/03/16 à 20h00 Après le spectacle Clothilde du Nord, débat avec le public : "les violences entre partenaires: comment réagir et à quel moment". Théâtre de la Vie, 1210 Saint-Josse-ten-Noode

 

 


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