Si cette Newsletter ne s'affiche pas correctement, cliquez ici
Si vous ne voulez plus recevoir cette Newsletter, cliquez ici
Une remarque, une suggestion ? Contactez-nous !
Visitez le site !

 

 

NEWSLETTER n°13 - Décembre 2011

A LA UNE

Colloque « Bougeons mieux en toute sécurité » : bref compte-rendu

Ce 30 novembre, Garance et la STIB organisaient un colloque sur le thème « Bougeons mieux, en toute sécurité ». Des professionnel/le/s étaient convié/e/s à réfléchir sur le thème de la prévention des incivilités, du vandalisme et de la délinquance, pour aboutir à des recommandations concernant les transports en commun. Représentant/e/s de sociétés de transports, de services de prévention, de zones de police, du monde académique, d'associations, avaient ainsi la possibilité de confronter leurs points de vue et leurs idées pour développer la prévention.

Le colloque a commencé par d'intéressantes mises en perspective par deux chercheurs – un francophone, une néerlandophone – sur différentes approches de la sécurité : Vincent Francis de l'UCL interrogeait les méthodes techniques de prévention (caméras, fermeture de certains espaces...), tandis que Famke Deprins, de la Hogeschool de Kortrijk (1) présentait une intéressante analyse de ces espaces publics particuliers que sont les stations, des échanges qui s'y déroulent et des conflits éventuels qui peuvent y surgir.

Ensuite, une Table Ronde réunissait des représentantes des transports en commun (STIB, De Lijn, SNCB) ainsi qu'un coordinateur d'éducateurs de rue d'Anderlecht, présentant chacun/e une expérience de prévention particulière. De son côté, une représentante de l'association française « Femmes en mouvement » apportait un éclairage de genre sur la problématique des transports publics, pas seulement en termes de sécurité, mais surtout d'accessibilité pour les femmes.

L'après-midi, trois ateliers étaient consacrés aux jeunes, aux personnes en situation de précarité et à l'interculturalité bruxelloise. Chacun d'eux débouchait sur des recommandations dont certaines se recoupaient d'ailleurs, sur l'importance de la présence humaine dans les transports, de l'éducation, de la nécessité de casser les stéréotypes sur des catégories de populations qui, pour l'une ou l'autre raison, font peur.

Envie d'en savoir plus ? Le colloque, ainsi que le travail effectué pour la STIB durant toute une année, devraient déboucher sur la publication d'une brochure au début de 2012. Nous en reparlerons évidemment dans nos newsletters ainsi que sur le site de Garance.

(1) Mme Deprins était absente pour raisons de santé mais nous a fait parvenir son texte

 

GARANCE EN BREVES

Des cadeaux sous le sapin

Envie d'idées originales pour les fêtes de fin d'année ? Pourquoi pas un t-shirt super chouette ! imprimé l'an dernier, à l'occasion des dix ans de Garance ! Si vous faites un don de minimum 20 euros à Garance, il arrivera chez vous. Il existe en cinq couleurs et cinq tailles différentes (même si certaines commencent à manquer). Il y en a pour (presque) tous les goûts ! N'oubliez donc pas de nous contacter pour nous signaler vos préférences.

Et si vous faites un don de minimum 40 euros, non seulement il sera déductible fiscalement, mais en plus du t-shirt, vous recevrez le livre Non c'est non.

 

Le nouveau programme est arrivé !

Le nouveau programme de nos stages, entraînements et animations pour le premier semestre 2012 est sorti ! Vous voulez vous inscrire ? Ne traînez pas ! Certaines dates sont très vite complètes... Nous vous rappelons qu'il faut s'inscrire par téléphone ou par mail avant de verser l'acompte ! Et puisque c'est encore la période des cadeaux, pourquoi ne pas offrir à votre fille, votre mère, votre soeur ou une copine un stage d'autodéfense pour 2012 ? Voilà un cadeau utile.... que vous pouvez même vous faire à vous-même.

 

Outrage !

Comment faire face aux agressions contre les personnes gay, lesbiennes, transgenres, qui semblent se multiplier ces derniers temps à Bruxelles ? A la demande de l'association OutRage !, Garance propose quelques stratégies pour se protéger et si nécessaire, affronter l'agresseur. Des conseils qui ne valent pas un vrai stage d'autodéfense, mais qui peuvent déjà donner des idées précieuses ! Existe en français, néerlandais et anglais.

 

Garance dans Politis

En octobre dernier, l'hebdomadaire français Politis publiait un excellent dossier sur le viol. Mais une phrase a fait bondir Garance : « Aucune victime, même en se débattant, ne parvient jamais à avoir le dessus sur son agresseur ». Aussi Irene Zeilinger a pris sa belle plume pour expliquer comment, au contraire, beaucoup de femmes arrivent à prévenir le viol, le désamorcer ou à se défendre au moment de l'attaque - sans pour autant culpabiliser celles qui n'y sont pas parvenues. La réponse de Garance est parue dans le numéro de Politis du 24 novembre dernier.

 

C'EST ARRIVE PRES (OU TRES LOIN) DE CHEZ VOUS

smiley

Féminicide

Le « féminicide », néologisme inventé au Mexique pour désigner un homicide aggravé du fait de la qualité de femme de la victime, tend à se répandre dans le droit pénal en Amérique latine. Après le Pérou et la Bolivie, qui avaient eux-mêmes suivi l’exemple du Chili, du Costa Rica, de la Colombie, du Salvador et du Guatemala, c’est au tour du Nicaragua de faire entrer ce mot dans son vocabulaire juridique.

En France, soutenu par l'association Paroles de femmes, le père d'une jeune fille assassinée en juillet dernier en Argentine se bat pour introduire le même concept dans le droit pénal français, même s'il s'agit ici plus généralement du fait de battre, violer et tuer une femme, alors qu'en Amérique latine, il vise principalement les violences commises par le partenaire. L'intérêt ne serait pas tant de « punir » davantage mais de lancer un signe sur la spécificité de ces violences et leur condamnation sociale. Comme pour des crimes racistes ou homophobes.

smiley

Eloignement du conjoint violent

Jusqu'ici, si la police était appelée au domicile pour une situation de violence, l'auteur pouvait être arrêté 24 heures. Mais en général, ce qui se passe est différent : c'est la victime qui quitte le domicile, éventuellement avec ses enfants, pour être placée dans un refuge (quand il y a de la place...), tandis que son agresseur reste dans l'appartement.

Sur proposition de la présidente du Sénat Sabine de Bethune (CD&V), les choses pourraient changer. En situation de crise, le/la procureur/e pourrait, sans intervention du tribunal, éloigner l'auteur de la maison pour un maximum de dix jours. Il lui serait aussi interdit d'avoir des contacts avec sa famille. Ainsi, la victime et les enfants resteraient dans leur milieu habituel. Dans les dix jours aussi, le juge de paix devrait décider de la suite des événements.

Il reste à s'assurer concrètement que l'auteur ne menacera pas sa victime.

 

smiley

Interdiction professionnelle au nom de la sécurité ?

Les femmes risquent davantage d'être victimes de violences, et spécifiquement de violences sexuelles ? Eh bien, interdisons-leur les métiers à risque ! Caricature ? Non, c'est le « solution » prônée par RSF (Reporters Sans Frontières) en réaction à l'agression sexuelle subie par Caroline Sinz, reporter de la chaîne télé France 3, le 24 novembre sur la place Tahrir au Caire : l'organisation s'est empressée de recommander aux rédactions de ne plus envoyer de femmes couvrir les événements égyptiens. Devant la levée de boucliers provoquée par cette recommandation, RSF a tourné casaque, recommandant plutôt de mieux protéger les journalistes, hommes et femmes, pour leur permettre de faire leur métier. Les Egyptien/ne/s qui manifestent mériteraient d'ailleurs aussi, d'être mieux protégé/e/s, car les violences continuent...

La journaliste agressée elle-même s'est insurgée contre une quelconque « interdiction professionnelle » au nom de la sécurité. En effet, dit-elle, le regard des femmes journalistes est important pour comprendre les révolutions arabes : « Récemment, en circulant en Libye, j'étais frappée par l'absence de femmes, alors que cette évidence n'avait même pas effleuré mes confrères. En Irak, dans la rue, les femmes me tiraient parla manche, m'amenaient dans leur intimité. Je me sens investie pour porter leur parole ».

A noter que sa propre chaîne n'a pas voulu d'interview en direct, craignant qu'elle « craque en direct ». Voilà une femme qui affronte une zone de conflit, qui revendique de faire son métier malgré les violences subies... et on la trouve trop « émotive » pour passer à la télé !

 

smiley

Espagne : la rigueur frappe aussi les refuges

La rigueur budgétaire qui fait des ravages en Espagne a aussi des effets dramatiques pour l'accueil de victimes de violences entre partenaires – un domaine où l'Espagne a une réputation assez exemplaire. Ainsi, rien que dans la région centrale de Casille, une centaine de structures d'accueil risquent de fermer et quelque 400 emplois doivent disparaître. Malheureusement, il est peu probable que la crise économique fasse diminuer proportionnellement les violences conjugales... on peut plutôt craindre l'inverse.

 

LA SCIENCE DIT...

Chômage et criminalité : une étude belge

Depuis 2011, la police fédérale collecte les statistiques sur les infractions en Belgique de manière uniforme, ce qui rend une comparaison possible. Une récente étude s'est penchée sur l'impact de l'inégalité socio-économique sur la criminalité, avec des résultats étonnants.

Les soupçons se confirment : l'inégalité socio-économique a une influence importante sur la criminalité. Mais quand on regarde de plus près cette inégalité, des effets intéressants apparaissent. Contrairement à l'opinion courante, le taux d'étrangers domiciliés dans une commune n'a qu'un très faible impact sur les délits contre la propriété, et aucun impact significatif sur les violences contre les personnes. Le facteur le plus fort dans le domaine de l'inégalité socio-économique est le taux de chômage (qui touche proportionnellement davantage les personnes issues de l'immigration), suivi par le niveau moyen des revenus dans une commune. L'inégalité des revenus est un facteur plus ambigu : elle a un impact « positif » fort sur les délits contre les propriétés, mais un impact « négatif » sur les violences entre les personnes ; en d'autres mots, plus les revenus sont inégaux dans une commune, plus il y a des vols et de cambriolages, et moins il y a d'agressions. C'est peut-être dû à la générosité du système social belge, car l'inégalité relative est surtout causée par les hauts revenus, les plus bas étant stables. Par conséquence, l'inégalité la plus prononcée existe dans les communes les plus riches.

Les auteurs mettent en garde contre une conclusion qui voudrait que le chômage serait une cause de criminalité. D'un côté, il s'agit d'une analyse macro, et pas d'une recherche sur des mécanismes de causalité à un niveau individuel. De l'autre côté, on ne sait pas si les chômeurs sont plus enclins à commettre des délits... ou plus vulnérables pour devenir victimes. Explications possibles : les chômeurs sont moins mobiles et deviennent plus souvent victimes dans leur commune de domicile que les personnes salariées ; le chômage cause l'exclusion sociale et diminue l'efficacité collective de la communauté à contrôler la criminalité ; ou encore les chômeurs sont victimes d'infractions spécifiques (en plus des autres, générales). En tout cas, voilà qui demanderait plus de recherches, que nous attendons avec impatience.

Marc Hooghe, Bram Vanhoutte, Wim Hardyns, Tuba Bircan: « Unemployment, Inequality, Poverty and Crime. Spatial Distribution Patterns of Criminal Acts in Belgium, 2001-06. »In: British Journal of Criminology (2011), Vol 51, 1-20

 

ON A LU, VU, ECOUTE POUR VOUS...

Justice transformatrice

Davantage de répression, plus de caméras, tolérance zéro... N'y a-t-il donc pas d'autres manières d'appréhender les violences conjugales et de protéger les femmes ?

Faire appel au système d'Etat, est-ce une bonne solution, toujours, pour tout le monde ? Comment faire en sorte que les citoyen/ne/s ne délèguent pas aux forces de l'ordre toute responsabilité pour l'intervention en cas de violence entre partenaires ? Et surtout : qu'est-ce qui contribue à ce que victime et auteur/e puissent sortir du cercle vicieux de la violence entre partenaires ?

Un nouveau livre nous invite à chercher d'autres solutions : The Revolution Starts At Home. Combatting intimate violence within activist communities et présente le concept de la « justice transformatrice » dans des communautés noires, migrantes et LGBTIQ aux Etats-unis. Ce concept se base sur l'idée que ce qui compte pour stopper la violence n'est pas tellement la punition de faits interdits par la loi, mais qu'il y ait reconnaissance, responsabilité et réparation. Et que pour cela, il faut impliquer non seulement la victime et l'auteur, mais la communauté tout entière.

Bien sûr, cela ne va pas de soi, et le livre ne se contente pas de développer l'idée, il met aussi en avant les difficultés et les obstacles. Pour en savoir plus, on peut lire le livre... ou au moins l'article qui y est consacré sur le site de Garance.

 

 

AGENDA

Activités de Garance :

Pour détails et modalités d'inscription, voir sur www.garance.be
Le programme du premier semestre 2012 est sur notre site ! Voici déjà les prochaines actvités :

Entraînement : la force du centre - 9 janvier 2012

Autodéfense pour femmes, Schaerbeek – 11 et 12 février 2012

Femmes 55+ :

Groupe de réflexion : à partir du 16 janvier à Watermael-Boitsfort

Séance d'information : 27 février à 14h à Koekelberg

 

 

Si vous ne parvenez pas à lire le contenu de cet email, accédez à la version en ligne
Si vous ne voulez plus recevoir cette Newsletter, cliquez ici
© Garance ASBL - www.garance.be - info@garance.be