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NEWSLETTER n°8 - Juin-juillet 2011

A LA UNE

Garance, dixième année

2010 était une année fructueuse pour Garance, malgré les crises politique et financière ambiantes. Ça se voit dans notre rapport annuel qui décrit en détail notre travail sur la scène de la prévention des violences basées sur le genre – et dans les coulisses. Ce n'est pas uniquement par souci de transparence, mais aussi parce que nous voulons donner plus de visibilité à notre approche spécifique de la prévention que nous investissons chaque année tant de temps et d'énergie dans ce rapport.

Et Garance peut de nouveau être fière de ses efforts, s'offrant une année parsemée de réussites et de moments forts :

  • Pour la première fois depuis notre fondation, nous avons dépassé le seuil de 700 participant/e/s par an aux formations d'au moins une journée. Ceci grâce au nombre croissant de « nos formatrices » - travaillant pour nous ou des associations partenaires - qui s'élève désormais à onze formatrices en Belgique et huit en France.
  • La quantité ne nuit pas à la qualité, comme le démontre l'évaluation toujours très positive de nos formations. Les participantes rapportent une meilleure confiance en soi, moins de sentiment d'insécurité et surtout le savoir et savoir-faire nécessaires pour agir contre les violences.
  • 2010 était aussi l'année de nos dix ans, et nombreuses/eux ont été nos supporteur/e/s qui ont fêté avec nous cet anniversaire. Pour marquer que nous comptons ne pas baisser les bras dans les années à venir, nous avons développé une liste de revendications pour lesquelles nous voulons faire pression.
  • Et nos lectrices/eurs fidèles le savent : l'année passée, nous avons mené à bien notre premier projet européen au sujet de la prévention des violences dans le contexte de la prostitution, sujet passionnant s'il en est...

Tout cela et bien plus est présenté en chiffres, mots et images dans notre rapport annuel 2010. Adopté à l'Assemblée générale du 6 juin, il est en ligne sur notre site. Il s'adresse non seulement à nos membres et bailleurs de fonds, mais à toute personne qui souhaite mieux nous connaître. Bonne lecture !

 

GARANCE EN BREVES

Violences sexuelles : ras le bol !

Comment, Garance ne fait pas son édito, ses brèves, son étude et son agenda sur « l'affaire DSK » ? Alors que tout le monde en parle...

Eh bien justement : parfois, chez Garance, nous ne savons plus où donner de la tête, tellement les événements se bousculent. Au point que nous ne savons pas si nous devons nous réjouir que finalement, on en parle, ou exploser de colère vu la manière dont les gens en parlent ! On aura au moins eu la preuve de la nécessité et l'actualité des réponses féministes aux violences.

A lire (en deux parties) sur notre site.

Le week-end de Garance

Une fois par an, les membres et formatrices de Garance se retirent pour trois jours à la campagne pour travailler et s'amuser ensemble. Fin mai, c'était de nouveau le moment pour cette mise au vert qui, cette année-ci, nous a menées au Gîte de la Prévôté à Hanzinne. Comme le temps était clément, nous avons pu nous entraîner la plupart du temps dans les beaux jardins pour les techniques de défense physique. Mais nous avons aussi abordé des sujets plus réflexifs. Ainsi, nous avons discuté de l'évaluation interne approfondie à laquelle Garance se livre en 2011 pour développer un nouveau plan stratégique. Côté plus ludique, nous avons joué à chercher des parades aux remarques sexistes – et nous en avons trouvé quelques unes ! Voici un petit florilège:

Remarque sexiste : Laisse-moi faire, c'est un truc pour les mecs, pas pour les femmes.
Et toc : Je ne savais pas que tu clouais/vissais... avec ton pénis.

Remarque sexiste: Il n'y a pas de mal que les femmes fassent le ménage et les hommes le bricolage. Il faut aller là où on est le plus efficace.
Et toc : D'accord, je vais faire une sieste.

Remarque sexiste: C'est ta mauvaise semaine?
Et toc : Dans le patriarcat, toutes les semaines sont des mauvaises semaines pour les femmes.

Mooi Ontsnapt

Nous vous l'annoncions dans notre dernière Newsletter : la version en néerlandais d'Echappez belle ! est en bonne voie ! Désormais, vous pouvez la consulter sur notre site. Pour commander gratuitement la version papier, consultez le site www.besafe.be.

 

C'EST ARRIVE PRES (OU TRES LOIN) DE CHEZ VOUS

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Slutwalks

Des femmes qui défilent dans la rue en appelant leur propre manifestation « marche des salopes » (SlutWalk) : le phénomène a fait parler de lui ces dernières semaines. Une réappropriation d'un terme dénigrant qui ne fait pas l'unanimité chez les féministes mais qui fait passer un message clair : la victime d'un viol n'est jamais responsable de la violence qui lui est faite.
Lire l'article ici

 

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« Djihad contre la violence »

L'association de musulmanes britanniques Inspire a lancé un « djihad contre la violence », pour combattre le terrorisme, mais aussi les violences conjugales, l’excision, et autres agressions justifiées par certains au nom de l’islam.
Le travail du groupe consistera en premier lieu à réfuter les arguments de ceux qui utilisent le Coran pour justifier le terrorisme et les violences domestiques. Inspire est par ailleurs critique à l’égard du programme mis en place par le gouvernement britannique pour lutter contre l’islamisme, car il n’inclut pas assez de femmes.

 

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Clips contre les violences

La vidéo peut être une bonne manière de sensibiliser le grand public contre les violences. Ainsi, la campagne intitulée No Excuses! propose 11 spots vidéo contre les violences intrafamiliales, visibles en 73 langues, accessibles à 85% de la population mondiale ! Visionnage et téléchargement sont entièrement gratuits.

En France, un clip réalisé par le Collectif Féministe contre le Viol veut sensibiliser au problème du viol conjugal, pour inciter les femmes à porter plainte, sur le thème : « Ne laissez pas votre conjoint s'exprimer à votre place ». Selon une enquête nationale, sur les 75 000 à 120 000 agressions sexuelles commises chaque année en France, 30% seraient le fait du conjoint ou partenaire de la victime.

 

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Let Girls Be Girls

Un rapport sur l'hypersexualisation des filles fait actuellement fureur au Royaume-Uni – et le gouvernement songe à prendre à des mesures concrètes: bannissement des contenus télévisés trop explicites avant neuf heures du soir, introduction de filtres plus stricts pour Internet et GSM, création d'un site web qui enregistre les plaintes de parents... Pour le moment, le premier ministre Cameron veut consulter des expert/e/s de la publicité, des médias et de la distribution. Mais les entreprises agissent déjà sous la pression publique croissante. La fédération de la distribution BRC vient de lancer un code de conduite sur les vêtements pour filles (publicité responsable, coupes et couleurs adéquats à l'âge, par exemple pas de strings pour les pré-ados...) et la plupart des librairies placent désormais les magazines porno à une hauteur inatteignable pour des enfants. La campagne « Let Girls Be Girls », qui est à la source de cette évolution, est portée par un site Internet pour les parents/mères, Mumsnet. Reste cependant une question : et les filles, que pensent-elles de tout ça? Il serait intéressant de savoir si elles-mêmes ont des capacités d'action face à l'hypersexualisation et comment les renforcer avant de sauter à des conclusions hâtives sur les bonnes mesures à prendre..

 

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Enquête relancée

Depuis l' « affaire DSK », les langues se délient et des affaires classées reviennent à la lumière. Ainsi, on apprend qu'une autre femme de chambre avait porté plainte, en juillet dernier, pour agression sexuelle dans un grand hôtel parisien. Sous des prétextes divers, la plainte semblait enterrée et c'était elle qui avait perdu son travail. Aujourd'hui, on en reparle, les médias s'y intéressent et l'enquête est relancée.

 

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L'Europe s'engage... mais déçoit

Depuis des mois, la Commission européenne promettait des mesures fermes contre les violences faites femmes, pour assurer plus de droits et une meilleure protection pour les victimes dans l'ensemble des pays de l'Union européenne.
Le résultat a été révélé par la Commissaire Viviane Reding le 18 mai dernier et selon le Lobby européen des Femmes, il est décevant.
Une directive établit certes un minimum de droits et d'aide aux victimes, mais les propositions restent très générales, manquent d'objectifs concrets et concernent tous les types de crimes, sans perspective de genre. Aucune collaboration n'est prévue non plus avec des organisations et des associations qui ont bâti une expertise dans le domaine des violences.
Ces faiblesses limitent fortement la portée de la directive, alors même que la lutte contre les violences faites aux femmes est proclamée comme une priorité au niveau européen

 

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Le viol, arme de guerre et de répression

Le viol n'est pas seulement une agression individuelle mais peut être aussi utilisé comme arme de guerre ou de répression.
Au Congo, le phénomène était connu depuis longtemps, mais il apparaît que les chiffres de l'ONU sont fortement sous-estimés : d’après une récente étude publiée par l’École de Santé publique Johns Hopkins’ Bloomberg de Baltimor, 400.000 femmes ont été victimes de viol en RDC de 2006 à 2007. Et depuis que le conflit a perdu de son intensité, selon le rapport, le viol est resté un fléau désormais « civil », en plus des exactions commises par des milices armées. Et malgré une législation sévère, la justice reste, elle, assez complaisante avec ce crime qui détruit des femmes, physiquement et socialement.

En Libye, les accusations planaient depuis un moment, mais elles semblent se confirmer : le régime de Kadhafi a utilisé les agressions sexuelles comme arme de répression contre des centaines de femmes. A noter que certains articles qui ne parlent que de victimes féminines dénoncent quand même les « viols d'opposants ». Au masculin.

 

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La sécurité... ou le rugby ?

A Edimbourg, la police a demandé aux organisatrices d'une marche "Reclaim the Night" pour la sécurité des femmes d'éviter une rue principale pour des raisons de sécurité. Le même jour, un match important de rugby devait être transmis à la télé dans les pubs situés dans cette rue. La police craignait que les hommes se sentent provoqués par la marche et agressent les manifestantes. Quelqu'un/e y voit une certaine ironie ? Heureusement, les organisatrices ont refusé de changer de route, tout en avançant l'heure de leur passage dans ladite rue. Mais il y a de quoi s'inquiéter de la sécurité des femmes à Edimbourg, si elles ne peuvent même pas manifester sans être agressées...

 

LA SCIENCE DIT...

Les femmes roms face aux violences

Partout en Europe, les femmes roms doivent faire face à une marginalisation importante. Une récente étude européenne a examiné comment cette marginalisation agit sur leur accès aux services d'aide en cas de violence entre partenaires, plus particulièrement en Hongrie
Tout d'abord, les femmes roms considèrent qu'il ne faut pas parler de l'abus en dehors de la famille qui doit, si elle veut bien, intervenir pour stopper la violence. Bien que les femmes roms ont de multiples obstacles à surmonter pour accéder aux services d'aide – entre autres la crainte d'être discriminées et d'exposer toute la famille à un système judiciaire raciste - beaucoup d'entre elles ont fait plusieurs démarches sans jamais obtenir un soutien efficace. Mis à part les manques importantes d'intervenant/e/s formé/e/s et de coopération entre les acteurs du monde psycho-social hongrois, d'autres facteurs jouent : des préjugés sur l'acceptabilité des violences au sein de la communauté rom, la peur des intervenant/e/s de représailles de l'auteur ou de sa famille ou encore l'utilisation des dispositifs juridiques non pour protéger la victime, mais pour contrôler et discipliner la communauté. On remarque aussi que le débat actuel sur des formes spécifiques de violence (mariages forcés, violence basée sur l'honneur), même s'il est nécessaire, risque de renforcer des préjugés contre des communautés ethniques et d'invisibiliser ou banaliser les violences non spécifiques dont sont victimes les femmes. Comme c'est la marginalisation en dehors du foyer qui rend les services d'aide inaccessibles pour les femmes roms, il devient clair que la lutte contre les violences entre partenaires ne peut pas être séparée de la lutte contre les discriminations.

 

ON A LU, VU, ECOUTE POUR VOUS...

«Où va la nuit »

Pendant plus de 30 ans, Rose a subi la violence de son mari, mais un jour c'en est trop : elle le tue et part vivre chez son fils à Bruxelles.
Avec « Où va la nuit », le réalisateur Martin Provost retrouve son extraordinaire interprète Yolande Moreau qu'il avait déjà dirigée dans « Séraphine ». Le film a quelques faiblesses de scénario – notamment le portrait du mari, sorte de « salaud intégral » , trop stéréotypé dans son rôle d'homme violent. Mais Yolande Moreau est bouleversante et le film vaut par quelques scènes très fortes : quand la violence est suggérée, rien qu'au bruit de pas dans l'escalier, ou les très beaux passages de solidarité féminine, avec leur petit air de « Thelma et Louise »... A voir donc.

 

AGENDA

Les activités de Garance reprennent dès le mois de septembre, avec un stage d'autodéfense tous les mois ! Dates à consulter dans notre agenda.

La Newsletter de Garance, elle aussi, part en vacances ; elle reviendra toute bronzée fin du mois d'août !

 

 

 

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