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Bienvenue parmi les Echappées Belles!

mis à jour le 5 juin 2008

L'autodéfense est tout ce qui rend nos vies plus sûres. C'est pourquoi nous avons mis en place ce forum où vous pouvez échanger vos expériences de réussite dans des situations désagréables ou même dangereuses. Dites-nous (et à toutes) ce que vous faites pour être plus en sécurité, plus à l'aise et plus sûres de vous. Racontez-nous ici comment vous vous êtes défendues.

Parce que nous pensons que les témoignages que nous avons pu rassembler ici peuvent être utiles à toutes les femmes, nous en avons publiés certains sous la forme d'une brochure, avec des conseils pratiques de nos formatrices d'autodéfense. Cette brochure s'appelle "Échappez Belle! Le guide pratique de la sécurité pour femmes". La deuxième édition est disponible en format électronique ici ou sur demande à notre secrétariat.

Nous pensons qu'une stratégie de défense ne consiste pas uniquement en quelques coups de karaté (ou de Seito Boei, tant qu'on y est) bien placés. Les notions d'autodéfense sont bien plus larges: "si je m'en suis sortie, c'est que j'ai choisi une bonne défense !". Les petites astuces pour éviter la violence, les mots bien trouvés qui clouent le bec à l'agresseur, la fuite quand elle est possible, les façons dont on a pu trouver de l'aide, de la solidarité. Nous voulons collecter toutes ces petites richesses ici, pour les partager, que chacune puisse s'inspirer, et pour (re)prendre courage: les femmes sont victimes de violence, mais elles ne sont pas démunies!

Vous vous êtes échappée belle ? Tout ce que vous avez à faire est de nous envoyer un e-mail à echappees.belles[at]garance.be avec votre histoire. Dites-nous ce qui s'est passé, ce que vous avez fait et pourquoi vous êtes contente de votre réaction. Nous allons publier vos récits ici-même, avec votre prénom ou sous un pseudonyme, comme vous le préferez. Une petite remarque encore: pour des raisons de sécurité, nous n'accepterons pas les histoires envoyées en attachement - écrivez-les dans le mail même. Merci et bonne lecture !



Il y a quelques semaines, alors que je sortais mes deux chiens (NB : un croisé Yorkshire/pinsher nain et une croisée cocker/épagneul, pas le genre dissuasif donc) dans le square en face de chez moi, je l'ai encore échappé belle. Il y avait deux hommes sur un banc : un marginal alcoolisé complètement effondré et un gros type d'apparence passe-partout qui lui racontait je ne sais pas quoi à l'oreille, mais qui s'est levé en me voyant arriver. Arrivant à quelques mètres de moi, avisant mes chiens, il m'a lancé "C'est quelle race ?", ce à quoi j'ai répondu très rapidement, et sans m'arrêter de marcher, parce que sa fa&ccecdil;on de se lever et de s'enquérir de la race de mes chiens alors qu'il était en pleine conversation encore 5 secondes auparavant ne me disait rien qui vaille.
Ma chienne, qui a un certain âge et prend peur très facilement, s'est mise à lui aboyer dessus. J'ai voulu aller à droite pour m'éloigner, il est allé vers la droite. J'ai voulu aller à gauche, il est aussi allé vers la gauche. Le tout de façon "implicite", c'est-à-dire qu'il n'y avait jamais moins de deux mètres entre nous, mais qu'en raison de ses changements de direction je ne pouvais pas avancer sans risquer de lui passer à moins d'un mètre. J'ai fini, mes chiens tirant comme d'habitude dans tous les sens sur leurs harnais en m'obligeant à écarter les bras à droite et à gauche et donc à agrandir mon "périmètre personnel", par forcer le passage à gauche, et réussir à remettre un mètre de plus entre nous. C'est là qu'il s'est dirigé droit sur moi, en me disant "Je voudrais juste te demander un truc". Je suis restée un instant figée face à lui, pensant quelque chose du genre "Je suis née pour souffrir". Il en a profité pour s'approcher encore un peu plus de moi, en souriant de toutes ses dents (un vrai clavier de piano, je n'en avais jamais vu autant) et en répétant, gagnant quarante centimètres à chaque pas : "Juste... Juste... ". Ses mains étaient mobiles, et plutôt hautes (au niveau de son plexus solaire). Il est arrivé à moins d'un mètre de moi. J'avais un gros arbre dans mon dos. Je me suis dit : "Si tu ne fais rien, dans 3 secondes il te plaque contre l'arbre et serre ses mains autour de ton cou" (c'est vraiment le "flash" que j'ai eu).
Alors je me suis avancée vers lui, j'ai relevé la tête et pointé le menton en avant deux fois en lui criant de ma belle et forte voix d'alto (je ris...) "Qu'est-ce-qu'il y a ? Qu'est-ce-qu'il y a ?" Surpris, il a battu en retraite, baragouinant qu'"on ne pouvait vraiment plus parler avec personne" et j'ai pu terminer la balade de mes chiens, tremblante et le cœur battant à cent à l'heure, mais bien contente de moi.

Alice, 30 ans


A 78 ans, elle attrape la voleuse de son porte-monnaie
Simeon Williamson, un sprinter anglais de 22 ans, représente pour l'Angleterre la meilleure chance de gagner une médaille olympique. La semaine dernière, sa grand-mère de 78 ans a poursuivi la jeune femme qui venait de lui voler son porte-monnaie et l'a secouée énergiquement jusqu'à ce que cette dernière lui rende ce qu'elle avait dérobé. Simeon espère bien que la détermination de sa grand-mère déteindra sur lui aux JO de Pékin...

Marianne, 16 au 22 août 2008


J'ai 23 ans, c'est mon premier job, et le patron ne jure que par moi. C'est plus fort que lui, il m'adore, la boîte n'a jamais aussi bien marché depuis que je suis là, je suis "son bras droit", "la perle", bref. Et puis un jour il comprend qu'il ne couchera jamais avec moi, et là, son attitude change du tout au tout. Il devient désagréable et un matin, débarque au bureau en me donnant un travail impossible à faire (un mailing de deux pages à envoyer à 1500 personnes pour la levée de 17h, étiquettes avec les adresses à coller, affranchissement, tout à la main, impossible). Je lui dis que ce n'est pas possible, il me répond que si je ne suis pas capable d'effectuer le travail pour lequel je suis payée, je n'ai qu'à démissionner. Je prends ma résignation (et non pas mon courage, car je savais parfaitement que ma motivation à réussir ce pseudo-challenge n'y pourrait rien) à deux mains et m'attelle à la tâche.
Lorsqu'il déboule comme un fou dans le bureau à 17h et qu'il constate qu'évidemment le travail n'est pas terminé, il se met à hurler contre moi. Je reste stoïque, continuant à m'affairer à mon ordinateur comme si de rien n'était (erreur, j'aurais dû quitter le bureau aussitôt et aller porter plainte à la police ou me faire arrêter par le médecin du travail direct) et il peut ainsi monter d'un cran à chaque nouvelle bordée d'insultes qu'il m'envoie à la figure. Cela dure une petite dizaine de minutes, au bout desquelles je me dis qu'il va finir par s'en prendre physiquement à moi. Alors je ne sais pas ce qu'il me prend, d'un seul coup je me lève, je me plante droit devant lui, baissant les yeux pour le regarder (je fais une tête de plus que lui), et je lui dis très calmement : "Eh bien vas-y, frappe-moi, t'en meurs d'envie", les bras écartés du corps, pour montrer que je ne me défendrai pas. Il s'écroule tout droit sur une chaise en mettant la tête entre ses mains. Je prends mes affaires et je quitte le bureau sans un mot de plus (sous le regard de quatre collègues qui ont assisté à toute la scène sans rien faire).
Je ne suis pas particulièrement "contente" de ma réaction, j'ignore si c'est parce qu'il a eu peur de m'obéir ou parce que le simple fait que j'ouvre la bouche lui a rappelé que ce n'était pas à un tronc d'arbre mais à un être humain qu'il était en train de s'adresser. J'ignore même si cette "technique" de ce qu'on pourrait appeler la "contre-provocation' (?) est répertoriée comme telle. En tout cas, ce jour-là, ça a bien marché et rien que pour ça, je suis satisfaite, même s'il est évident que j'aurais pu mieux faire (et surtout plus tôt).

Alice, 30 ans


J'ai été agressée un soir en rentrant chez moi. J'avais déjà 50 ans et ne pensais absolument pas pouvoir être victime d'une tentative de viol. J'ai eu très peur et je crois que j'ai perçu mon agresseur plus grand, plus musclé que ce qu'il était vraiment. J'étais paralysée, mais avec une idée fixe : rester débout. Je me disais, si je suis allongée, ça va être la catastrophe, il va pouvoir faire ce qu'il veut. Ça a été très violent. A un moment, l'agresseur m'a soulevée, mes pieds ne touchaient plus terre. Mais malgré tout, je suis restée débout, j'ai crié au secours malgré le fait qu'il a essayé de m'étrangler. Il y a eu un bruit d'une fenêtre qui s'ouvre et je crois que l'agresseur a compris que quelqu'un entendait peut-être et viendrait voir. Il s'est enfui à ce moment-là. C'est perturbant d'être agressée et menacée comme ça, mais sans aucune préparation, sans force physique extraordinaire, j'ai quand même eu ce bon réflexe de rester débout à tout prix.

Marguerite, 61 ans


Tout récemment, j'ai été à la banque et une jeune femme voulait passer devant toute la file. Je lui ai dit que non ! Elle m'a regardée d'un air plutôt agressif. Elle aurait voulu que moi, cette petite vieille qui a l'air fragile, que je ferme les yeux, que je reste dans mon coin. Je l'ai regardée dans les yeux franchement. C'est elle qui a du baisser les yeux.

Marie-Jeanne, 85 ans


Je connais une dame dans les 80 ans. Il y a 15 jours, elle était tranquillement chez elle, et subitement elle a entendu qu'on chipotait tout docuement à sa porte d'entrée. Elle a eu le réflexe, elle a ouvert brusquement, et c'était un jeune, et elle a crié, qu'est-ce que vous faites ici ! Et à côté de la porte, il y avait son parapluie, elle lui a tapé sur la tête et elle a fermé la porte.

Andrée, 67 ans


Mon frère m'a rendu visite et on s'est fort disputés. Il s'est énervé et j'ai eu peur qu'il me frappe. Il avait déposé sa veste sur le canapé, je m'en suis approchée, j'ai pris son portefeuille et je l'ai jeté par la fenêtre qui donne sur la rue. Il a bien été obligé d'y aller pour le ramasser avant que quelqu'un d'autre ne le fasse. Et comme ça, je l'ai mis à la porte sans devoir l'affronter.

Dominique, 72 ans


Au début des années 1990, en plein après-midi, je me trouvais à la gare du Midi à Bruxelles. J'attendais le tram pour aller chez ma fille à l'école. Mon sac était en bandoulière, le fermoir n'était qu'une pression et à chaque main, je portais un sac contenant des fournitures relativement lourdes.
J'avais vu trois jeunes gens passer à proximité de moi, mais je ne leur avais pas vraiment prêté attention. Le tram arrive. Comme bien d'autres personnes, je m'avance vers une des portes (à l'époque, on n'était pas obligé d'entrer par l'avant du tram; toutes les portes étaient bonnes, tant pour monter que pour descendre) et je me fais bousculer par un jeune qui voulait monter avant moi. Au même instant, j'ai senti une pression sur mon sac. Je me suis retournée assez violemment pour voir qui me touchait. Mes yeux ont croisé le regard d'un autre jeune un peu saisi de ma réaction et par mon regard qui devait être assez méchant. J'ai immédiatement réalisé qu'il avait plongé la main dans mon sac et qu'il tenait certaines de mes affaires en main. Voyant cela, j'ai "toné" dans cette gare me surprenant moi-même de mon audace et de l'intensité de mes cris. Je lui ai hurlé : "Lâche ça, nom de Dieu !" Il a hésité un instant, a regardé un autre comparse, qui attendait qu'il lui passe le fruit de son larcin. Moi, je ne l'ai pas quitté des yeux et ai recrié la même phrase avec la même force !
Là, j'ai vu sa main s'ouvrir et lâcher mes affaires. A mon attitude, il a dû se dire que s'il persévérait dans sa démarche, j'allais attraper la tête de l'un pour taper sur l'autre !! Après quoi, je suis redescendue du tram pour ramasser mes affaires. Portefeuille et différents papiers importants. Ensuite, je suis remontée dans le tram qui était bondé. Le watman n'avait rien perdu de la scène non plus, mais personne n'a eu le moindre mot ni le moindre geste pour me venir en aide.

Bernadette


Une fois, on a sonné chez moi, et je demande qui c'est - c'était le plombier. Alors j'ai été à ma fenêtre et j'ai demandé qu'il se montre. Ils étaient deux. Je leur ai demandé pour quelle société ils travaillent, ils m'ont dit un nom, et j'ai dit "Bon, attendez un petit instant, je vais téléphoner. Ce que je n'ai pas fait. Mais j'ai constaté, quand je suis retournée à la fenêtre, que ces deux messieurs étaient partis. J'ai été plus rusée qu'eux.

Josée, 68 ans


Je rentrais chez moi après un concert. Je marchais d'un pas ferme parce qu'il faisait froid. J'ai entendu des pas derrière moi. D'abord je ne savais pas trop quoi faire. C'est vrai, on a plus d'idées de ce que l'autre pourrait nous faire que vice-versa. Mais puis je me suis dit, zut alors, je rentre d'une très chouette soirée et je ne me la laisserai pas gâcher. Alors je m'arrête brusquement, je me retourne et je le regarde tout simplement. Je ne sais pas ce qu'il a pensé ou même s'il voulait vraiment me faire du mal. De toute façon il m'a regardée d'abord d'un air étonné et puis il a continué son chemin. J'étais très fière de moi.

Muriel, 59 ans


Je vais à la bibliothèque, et quand je sors de la station de métro, il y a des jeunes qui se bagarraient, mais toujours amicalement. J'ai peur de la violence, j'ai peur de recevoir des coups, il n'y a rien à faire. J'ai tellement mal partout. Il y en a un qui a donné un coup de pied presque au dessus de la tête de l'autre, et l'autre lui a attrapé le pied. Et il l'a fait reculer. L'autre, sur un pied, il a fait l'autruche, mais ils venaient envers moi. Ils rigolaient tous les deux. Ils ont reculé tellement vite que je me suis dit: il va me donner dessus. Alors j'ai crié "hé". Alors ils se sont arrêtés, ils se sont excusés, ils étaient charmants.

Jacqueline, 67 ans


Une femme bolivienne se défend à Buenos Aires
SUCRE - Une femme bolivienne a, en mordant, arraché la moitié de la langue d'un homme qui essayait de la violer. Selon des sources policières, l'agresseur est rentré dans sa maison à Buenos Aires par effraction pendant qu'elle dormait.
Les faits se sont produits lundi dans un logement précaire de Villa Lugano, une des banlieues les plus pauvres de la capitale argentine. La jeune femme de nationalité bolivienne dormait quand le présumé violeur s'est introduit furtivement dans la maison et l'a menacée avec un tourne-vis en lui enlevant les vêtements.
Quand l'homme tenta de l'embrasser, la femme a fait semblant de céder, mais l'a mordu en lui arrachant la moitié de la langue. L'agresseur s'est alors enfui. La femme a porté plainte à la police qui trouva lors de l'inspection des lieux le tourne-vis et le morceau de langue de l'agresseur. Le violeur est toujours en fuite.

Correo del Sur, 27 février 2008, vu par Pascale


Quand j'avais quinze ans, j'ai été agressée. Je marchais dans la rue et j'ai entendu quelqu'un qui me suivait. J'ai acceleré, et lui aussi, bien sûr. Tout d'un coup, j'ai senti qu'il m'attrapait par l'arrière par en dessous des bras. Je me suis débattue, mais il était trop fort, je n'ai pas réussi à me dégager. Il m'a soulevée, et je ne sais pas comment j'ai fait, mais je lui ai donné un coup dans ses testicules avec mes talons. Ah ben, là c'était fini pour lui. J'ai alors couru, couru, jusqu'à la maison. J'étais toute blanche de peur. Et même si ça s'est encore bien passé, c'est quelque chose qu'on n'oublie jamais, jamais. J'ai toujours eu cette peur depuis. C'est seulement maintenant, grâce à Garance, que j'ai réussi à la surmonter.

Rosette, 62 ans


Un jour, je traverse un parc près de chez moi, en pleine journée. Un jeune m'a accostée et m'a menacée pour que je lui donne mon argent. Je l'ai regardé gentiment et je lui ai dit : "Mais tu ne te rends pas compte de ce que tu fais ?! Je pourrais être ta grand-mère." Il était tellement surpris, et peut-être avait-il honte aussi, qu'il est parti.

Bernadette, 77 ans


Je travaille dans une maison d'accueil pour femmes victimes de violence conjugale. Un mari contrarié sonne à notre porte et nous reclame "des affaires volées". Nous avions accompagné sa femme pour récupérer quelques petites affaires, dont des choses qu'il lui avait offertes. Et qui, selon lui, n'étaient donc plus à elle puis qu'elle se barre... vous le suivez ? Non ? Moi non plus, je n'ai même pas essayé. Face à ce monsieur qui attaquait et menaçait mon collègue, je n'ai fait ni une ni deux : les trois phrases.
Eh bien, ça a marché ! Il a continué à insulter mon collègue racrapoté sur lui-même et mort de trouille (à raison), mais pas moi. Quand il a menacé de nous "casser la tête à tous les deux", il a reçu en échange un regard glacial de ma part (j'étais en train de répéter dans ma tête notre technique de base... ça devait se voir dans mon regard). Fuite et fin!

Florence, 40 ans


Cela s'est passé dans les années 1970. Je sortais d'un cinéma et allait rejoindre mon mari à son club de sport. Il était plus ou moins 22h30. Je me suis rendu compte que j'étais suivie par des jeunes gens assez bruyants, j'ai ralenti le pas pour qu'ils puissent me dépasser, ce qu'ils ont fait... quand tout à coup, ils se sont jetés sur moi en essayant de m'arranger mes vêtements, puis ont voulu m'entraîner dans une rue déserte. Ma première réaction a été de crier, hurler, et par chance, j'avais un parapluie que j'ai utilisé comme moyen de défense en tapant, gueulant, ce qui m'a permis de m'en sortir et de m'enfuir, car ils ont été sans doute "surpris" de ma réaction.

Martine, 55 ans


MOLENBEEK SAINT-JEAN - Un parapluie, ça peut être utile. Quand dimanche midi cinq hommes ont voulu voler une dame de 83 ans dans l'Avenue Edmond Machtens, sa fille est accouru à son secours. En gesticulant sauvagement dans tous les sens avec son parapluie, elle a réussi à mettre en fuite les voleurs. Plus tard, la police a pu les arrêter avec l'aide d'un témoin.

Brussel deze week, 3 avril 2008


Je suis dans un home, et sur notre étage il y a un monsieur qui n'est pas très propre. Je me suis déjà plainte, on le sait, mais il n'y a rien à faire.
L'autre fois, il n'a même pas fermé la porte de la toilette commune quand il y est allé. Alors j'ai pris la porte, je la lui ai claquée dessus pour l'enfermer et j'ai aboyé, j'ai crié "c'est dégeulasse", j'ai vidé mon sac. Et ça m'a fait du bien.

Jeannine, 78 ans


A 27 ans, je vis une relation abusive avec un sale type, qui a trouvé en moi la bonne poire à exploiter à un moment de ma vie où mon estime de moi-même frôle le zéro et où ce que je crois être de l'amour (en réalité, une dépendance affective) m'envoie complètement dans le mur. Il s'installe chez moi quelques jours à peine après notre rencontre, ne travaillant pas, ne participant en rien au paiement du loyer, aux dèpenses courantes ou aux tâches ménagères. Je m'épuise à subvenir à nos besoins et à le servir. Plus le temps passe, plus il devient brutal, ne s'excusant plus quand il me bouscule par exemple. Sexuellement, même combat : plus ça va et moins je peux bouger. Pour couronner le tout, c'est sans préservatif que j'accepte de faire l'amour avec lui, alors même qu'il ignore son statut sérologique et que je ne suis manifestement pas sa seule partenaire (grâce à Dieu, je suis indemne).
En dépit de cette configuration de départ peu favorable et de mon anéantissement moral quasi-total, je réussis à mettre ce type dehors en 20 minutes le soir (pour la petite histoire, le soir de la Journée Internationale des Femmes, le 8 mars) où je décide que c'en est assez. Je le fiche, lui et son mètre 90 et ses 80 kilos, hors de mon studio et de ma vie avec une facilité finalement assez déconcertante. Il ne comprend rien à ce qui lui arrive. Je suis prise d'une colère noire au moment où il me dit qu'il a trouvé une combine (illégale, bien évidemment) pour extorquer une aide sociale à l'Etat mais qu'il n'en profitera pas pour payer sa part de loyer "parce que de toutes façons, que je sois seule ou avec lui, il faut bien que je le paie, ce loyer". Je me mets à lui hurler ses quatre vérités en lui jetant toutes ses affaires dehors, sur le palier (exactement comme dans les films). Il est tellement surpris, lui habitué à me voir si douce et surtout si silencieuse, qu'il ne bronche pas. Sur le palier, je l'entends appeler tranquillement sa mère pour lui annoncer que ce soir, finalement, il dort chez elle. Je reprends mon souffle et lui envoie une seconde salve de décibels dans les tympans.
Lorsque sa voiture s'éloigne, je promène mon chien autour de l'immeuble pour me calmer. Des jeunes font une petite fête au troisième étage. Deux garçons se penchent et me demandent "Ça va, on ne fait pas trop de bruit ?". Je me rends compte que mes cordes vocales (je pratique le chant et maîtrise des techniques de respiration pour donner sa pleine capacité à ma voix) se sont surpassées, et que tout le quartier m'a entendue. Le lendemain, les locataires qui me croisent me regardent avec une expression de respect mêlée de crainte et je ressens l'espace d'une journée ce que ressentent les caïds de quartier qui finalement impressionnent beaucoup avec pas grand-chose (surtout avec l'idée qu'on s'en est fait en réalité). Contente ? Oui. D'avoir utilisé un puissant outil d'auto-défense (ma propre voix) sans même le savoir. C'est quand même satisfaisant de savoir qu'on peut se défendre sans même s'en rendre compte, avec des armes qu'on ne pensait pas avoir.

Alice, 30 ans


Voici ce qui m'est arrivé un matin dans le métro, il y a quelques mois. La rame dans laquelle je me trouvais était vraiment bondée. Un homme est monté juste derrière moi, et lorsque les portes se sont fermées, il a placé ses mains bien à plat sur mes fesses. J'ai sursauté, j'étais très mal à l'aise et je ne savais pas comment réagir... Il y avait tant de monde que je ne pouvais même pas me déplacer ou me retourner. A la station suivante, les portes s'ouvrent, ce monsieur descend pour laisser sortir d'autres personnes, puis remonte et... remet ses mains sur mes fesses. A ce moment là, je me suis dit "Là, ça suffit !" J'ai interpellé un homme qui se trouvait à environ un mètre de moi, et je lui ai dit bien fort "Excusez-moi monsieur, pourriez-vous dire à ce monsieur qui se trouve derrière moi d'enlever ses mains de mes fesses ?". Je dois dire que ça a marché ! Il a immédiatement enlevé ses mains et il a quitté le métro à la station suivante ! Certaines personnes ont ri, d'autres ont détourné la tête, et au moment où je suis descendue, une jeune femme s'est approchée de moi et m'a félicitée !
Je me suis sentie fière de moi toute la journée !

Sophie


Il y a quelques années, j'avais un ami. On faisait des promenades ensemble, on allait au club des seniors, il était de la bonne compagnie. Mais lui, il voulait plus et il m'a demandé en mariage. Mon indépendance m'était trop précieuse, et puis, je le trouvais sympatique, mais sans plus. J'ai donc dit non. Alors ont commencé les coups de téléphone, les lettres, les visites sans prévenir, il me suppliait, mais je suis restée ferme. Il a fait une tentative de suicide pour m'impressionner, et j'ai fort culpabilisé pour cela. Mon fils est allé le voir à l'hôpital et lui a dit de ne jamais plus prendre contact avec moi, sinon il allait appeler la police. Depuis, je n'en ai plus de nouvelles, et j'en suis soulagée.

Anne, 89 ans


Un soir, je rentre chez moi avec ma mère. Nous étions dans le métro, il était 22h. Au bout de quelques stations, un homme (visiblement ivre ou totalement barre) entre en hurlant dans le métro, une cigarette a la bouche avec un air très agressif, voire hargneux et se précipite sur une banquette ou bien sûr il y avait une jeune femme seule. Il commence à lui parler, a lui toucher le poignet en prétextant regarder son bracelet... Elle reste ultra souriante, du genre "mais non, je ne suis pas agressée". Moi, je suis à côté avec ma mère, prête à bondir.
A la station d'après, la fille, ma mère et moi changeons de wagon. Premiè stratégie donc : la fuite. Mais depuis le wagon ou je suis, je vois le mec dans l'autre wagon, et après quelques stations, une nouvelle jeune fille rentre dans le wagon où il est, elle rentre de vacances (elle a une grosse valise et son chat dans une caisse). Et je vois que le mec commence à l'emmerder, il la bloque pour l'empêcher de sortir et elle, elle lui parle, lui sourit, mais blêmit à mesure que les stations défilent. Je décide d'aller l'aider, mais on arrive à une station ou elle réussit à sortir. Le mec la suit, continue de lui parler en lui disant qu'il veut l'aider à porter ses valises, la raccompagner chez elle et coucher avec elle...
Moi je suis derrière avec ma mère, et je lui dis qu'il faut qu'on fasse un truc, car ça sent le viol à plein nez. Du coup, je me précipite sur la fille - nous étions quasiment sorties du métro - alors que le mec est toujours la et je lui dis : "Salut Sophie, je suis contente de te voir, je t'attendais, ton train a eu du retard ? Viens, on se dépêche de rentrer, ils nous attendent". La fille à joué le jeu, et le mec est resté comme un con. Deuxième stratégie : la ruse. Mais ça a très bien marché. J'étais vraiment hors de moi, mais je pense que j'ai eu le bon réflexe (ma mère était là, le type était vraiment dans un état où il aurait fallu le taper très fort et pas le louper) : bref, j'étais vraiment contente et la fille en question encore plus, elle a eu très très peur et m'a remerciée.

Elsa, 32 ans


Pour celles qui se demandent si le sifflet d'alarme que Garance distribue depuis 2004 peut bien servir à quelque chose!

Un acte de civisme dans le métro
Dimanche, en début de soirée, dans le métro bruxellois, sur la ligne Herrmann-Debroux-Baudouin, deux jeunes gars ont importuné ma maman. Brusquement, l'un des deux la gifla en plein visage. Depuis un petit moment, la main dans la poche, elle serrait son sifflet. Elle le sortit et siffla deux fois. Presque au même moment, quatre ou cinq hommes et des femmes se sont jetés sur les agresseurs et les ont poursuivis jusque sur le quai de la station Beekant. Comme le métro s'était remis en marche, ma maman n'a pas pu remercier ses sauveteurs.

Cette réaction des voyageurs l'a très agréablement surprise. Ma maman a 83 ans et elle prendra encore souvent seule le métro. L'année passée, elle fut également victime d'une agression dans le métro et son sac à main lui fut dérobé. Depuis lors, elle garde dans sa poche un sifflet pareil à celui utilisé par les policiers et les arbitres. Les usagers du métro, nous venons de le voir, veulent bien être courageux et aider les personnes en détresse. Un coup de sifflet bien clair leur permet de faire la différence entre une scène de ménage (ennuyeux... mais peut-on s'en méler?) et une agression.

Courrier des lecteurs, Le Soir, 18 et 19 mars 2006


Cette aventure m'est arrivé il y a des années, mais j'en garde encore un vif souvenir: Un jour de travail, j'avais besoin de prendre de l'argent et suis allée au distributeur Place du Luxembourg en milieu d'après-midi pour éviter de faire la file à midi.

Alors que j'étais devant l'appareil, j'entendais des pas derrière moi qui se sont très vite rapprochés. Je me suis trouvée encadrée par deux hommes très grands et massifs. Tout à coup celui qui se trouvait à ma droite sortit un poignard; j'ai vu la lame du coin de l'oeil. Là, j'ai compris que c'était très sérieux.

Je n'avais pas le temps de réfléchir et j'ai eu une réaction totalement inattendue; je me suis retournée et j'ai dit: "M'enfin, vous m'avez fait peur!" Et je suis partie en courant.

L'effet de surprise créé m'a donné quelques secondes qui m'ont permis de m'enfuir.

Anastasia


J'avais environ 20 ans. Il devait être 22h et j'attendais le métro à l'intérieur d'une station peu fréquentée. Tout à coup, un groupe de jeunes garçons est arrivé sur le quai. Ils m'ont discrètement encerclée. Quand j'ai réalisé ce qu'ils avaint l'intention de faire, je me suis mise à faire un pas à gauche, puis un pas à droite, puis deux à gauche, deux à droite... J'ai progressivement élargi mes 100 pas et tout naturellement je me suis faufilée entre deux d'entre eux, sans les regarder. Une fois sortie du cercle, j'ai accéléré la cadence et me suis dirigée à l'autre bout du quai où il y avait heureusement un homme qui attendait le métro. Je lui ai demandé l'heure, toute tremblante, et il m'a dit: "Restez près de moi!".

Isabelle


Un soir de juillet 1983 (j'avais 22 ans), je prends ma voiture pour aller chercher des plats asiatiques que j'avais commandés à Saint-Gilles (pas envie de cuisiner ce soir-là...). Revenant vers 21h après avoir été chercher ma commande, je regarde à ma droite (pour la priorité) et je vois, tout en continuant mon chemin, un homme qui menace une femme, la tire par le bras et crie assez fort.

J'accélère, fais le tour du quartier et remonte dans cette rue. Je m'arrête à la hauteur du couple qui se crie dessus, l'homme devenant violent (il tape la dame contre la façade) et j'ouvre la porte de ma voiture et crie très fort à l'attention de la fille : "c'est là que tu es, ça fait une demi-heure que je tourne avec les plats dans la voiture, monte, ça va être tout froid !". L'homme, surpris, a laché la dame et elle, heureusement, comprenant la tactique, est montée dans ma voiture. J'ai démarré de suite et l'ai conduite un peu plus loin.

Elle a été très surprise que quelqu'un l'aide et m'a remerciée mille fois, voulant m'inviter à boire un café. J'ai refusé car mon "chinois" refroidissait ! La dame m'a expliqué qu'elle était en "bagarre" avec un client car elle était prostituée. Ce qui n'a pas du tout refroidi mon contentement de l'avoir aidée, au contraire.

J'ai agi par pur réflexe, sans réfléchir, mais cette agression me semblait insoutenable et il a fallu que je fasse quelque chose. Je crois que je n'aurais pas pu rentrer, manger et oublier ce que j'avais vu. J'ai découvert ce jour lè que l'on a plein de capacités en soi, souvent insoupçonnées et qu'il faut se faire confiance.

Dominique


C'est par un grand coup de pied dans les parties intimes qu'une dame de 82 ans s'est débarrassée de son agresseur, samedi dernier, alors qu'elle attendait le bus au rond-point Schuman, a-t-on appris mercredi auprès de la police de la zone Montgomery. Le voleur, âgé d'environ 20 ans, tentait de lui arracher son sac à main lorsque la fringante octogénaire a eu le réflexe salvateur. Elle a ensuite pris son bus tout à fait normalement, laissant le jeune homme, tordu de douleur, allongé sur le sol. (P.V.)

le Soir, 14 octobre 2004, vu par Marie


J'étais dans le metro ce jour vers 15 heures. Un jeune homme a allumé sa cigarette sur le quai. Je me trouvais à 10 mètres de lui. Je lui ai fait remarquer à voix haute - pour que ma voix passe au dessus des autres voyageurs - qu'il était interdit de fumer dans le metro, et d'éteindre sa cigarette. Il m'a jeté un oeil qui en disait long et a tiré une longue bouffée avec délectation en me regardant avec insolence.

J'ai répété: Vous fumez dans le metro. Cela me dérange. Éteignez votre cigarette.

Et encore et encore. Il souhaitait visiblement que je baisse le volume de ma voix. Tous les gens commençaient à le regarder. J'ai répeté jusqu'à ce qu'il arrête (cela devait faire une vingtaine de répétitions). A la moitié de sa cigarette, il l'a éteinte. Expérience fascinante. Une dame à l'arrêt suivant m'a fait un compliment.

Marie Caroline


J'y ai echappé belle - expériences lors d'une agression en rue

Irene


Je suis propiétaire de ma maison et je loue le deuxième étage à une amie qui est camerounaise. Elle avait pris rendez-vous avec un employé pour installer un cable pour la téleacute;vision mais ne pouvait finalement être présente et c'est moi qui ai reçu cette personne.

Dès son arrivée, il a commencé à faire des remarques déplaisantes sur l'aménagement de l'appartement, "ces gens-là" et leurs manières. La télévision était posée sur une table et il fallait la déplacer pour poser le cable. Il a refusé de le faire en traitant mon amie de fainéante, de profiteuse et me demandant si je n'avais pas trop de problèmes avec elle. J'avais été trop incrédule pour réagir à ses premières remarques, mais finalement, je lui ai demandé clairement s'il était raciste et j'ai ajouté que moi je ne l'étais pas et que je ne voulais pas entendre ce genre de remarques sur ma locataire. Il a baragouiné quelques excuses en niant le fait qu'il était raciste mais n'a plus rien ajouté.

Nathalie


J'étais chez une amie et on discutait d'une copine commune qui a été violée récemment. Pendant notre conversation, son mari et un de ses copains rentrent. Ils entendent le mot "viol" et commencent, ni une, ni deux, à rigoler, à faire des bêtes blagues, et finalement, ils disent que cette femme-là, c'est normal qu'elle a été violée puisqu'elle est célibataire et sort quand même beaucoup, seule, au ciné, au théàtre etc.

Nous étions ahuries par cette réaction et nous avons toutes les deux dit clairement que le viol, pour nous, ce n'est pas une affaire dont on rigole, que nous, on en a peur et que cela peut arriver à toute femme, et qu'on aurait attendu mieux d'eux. Ils étaient fort embêtés et se sont excusés.

Mathilde


Au retour de mon stage d'autodéfense - hazard? - un homme m'a draguée à l'arrêt de bus. Il m'a fait comprendre qu'il voulait m'accompagner dans le bus. D'abord, j'ai pensé: "ouh la la", mais très rapidement, j'ai pris le contrôle de la situation parce que je me sentais forte. Les étapes de la formation sont passés vite devant mes yeux. Je me suis rendu compte qu'instinctivement, je m'étais mise plus droite et que mes deux jambes étais bien fermes. J'ai respiré profondement. Je rayonnais d'une telle détermination qu'après deux tentatives l'homme s'en est allé sans que j'aie à devenir verbalement véhémente. Puis, il a encore regardé une autre femme qui est arrivée après, mais il n'a plus rien osé.

Brigitte


Lorsque j'avais onze ans, je jouais en rue avec un groupe d'amis. Trois jeunes gars plus agés, autour de seize, dix-huit ans, que je ne connaissais pas, se sont approchés. Ils semblaient parler de nous et se concerter. Un moment ils sont venus près de moi et m'ont attrapée par le bras en me disant de venir avec eux. Surprise et ne comprenant pas j'ai d'abord accepté de les suivre, pensant à un jeu. Lorsque nous avons tourné le coin, ils m'ont serré plus fort et m'ont tirée vers je ne sais quel endroit. Un d'eux a mis sa main sur mon sein, et j'ai tout à coup perçu un danger, sans comprendre exactement de quoi il s'agissait, mon sang n'a fait qu'un tour et j'ai commencé à me débattre violemment en criant. Ils m'ont lachée et je suis retournée auprès de mes copains.

Isabelle


Bon, ce n'est pas une grande histoire et c'est en attendant de suivre un stage d'autodéfense verbale que j'emploie le moyen que je vais vous expliquer.

Je me fais souvent agresser verbalement et reste malheureusement bloquée sans pouvoir répondre quoique ce soit ni continuer mon chemin sereinement... je reste sur place et reprends ma route plusieurs secondes après l'agression... blocage autant physique qu'émotionnel. Ensuite, je rumine et laisse cet évènement me gâcher ma journée, rage au corps et énergie pompée par le type.

Plusieurs fois, des gars m'ont traité de salope et m'appellaient comme on appelle un chat alors que je me balladais tranquillement et je leur ai répondu "grosse grenouille" ou bien lorsque je suis fort en colère "sale fourchette". Le gars à chaque fois s'est retrouvé complètement idiot, bloqué à son tour et tellement interloqué qu'il se retournait (lui aussi après quelques secondes) reprenant son chemin.

Je pense qu'ils n'ont pas de raison, avec de telles insultes de saisir l'opportunité de jouer aux vexés afin de rentrer en escallade symétrique et donc de m'ennuyer encore plus.

Je pense aussi qu'ils peuvent être coupés dans leur élan agressif puisque je me place à un autre niveau. Bon, je ne prétends pas que c'est un remède miracle et que ça fonctionne avec tout le monde, mais en attendant, ça me fait un bien fout car l'effet donné répare la blessure provoquée par l'agresseur. Il s'en va une expression bête sur le visage et c'est bon de voir ça!!!!!

Adeline


Je rentrais chez moi avec mes deux enfants (8 et 3 ans). En poussant la porte de la maison, et avant d'avoir pu allumer, je me suis trouvée face à un jeune gars qui nous bloquait l'entrée.

Sentant le truc louche je lui ai demandé, d'un ton un peu autoritaire ce qu'il faisait là, il m'a dit de partir. "C'est vous qui allez partir, je suis chez moi ici."

A ce moment il fait le geste de prendre mon sac, que je balance dans mon dos. Alors il me prend à la gorge et me plaque contre la porte d'entrée (on était toujours dehors).

Réflexe stupide, je lui dis, toujours sur un ton un peu autoritaire: "pas devant les enfants", et il me lâche, ni une ni deux, je plonge sur les sonnettes que j'enfonce toutes d'un coup.

Trois gars sont sortis en courant, à la suite de celui avec qui je "conversais". J'ai trouvé dans l'entrée une jeune femme en larmes: tentative de viol, que notre arrivée avait interrompue de justesse.

Le lendemain, la petite de trois ans parlait d'indiens et de cowboys qui étaient dans l'entrée, mais de leur côté pas de traumatisme, sinon mon fils qui, adulte, m'a dit avoir culpabilisé de ne pas m'avoir défendue, il est le premier maintenant à se porter au secours d'une personne en difficulté.

Plus que les mots je pense que c'est le fait de se montrer calme et forte, de regarder l'autre dans les yeux et de lui parler bien à lui, tranquillement. Je pense qu'il faut savoir regarder la violence en face, et accepter d'être autoritaire face à cette violence. C'est moi le boss, tu arrêtes maintenant. Mais sans aucune violence en soi. D'une certaine façon il faut savoir que l'autre va lâcher face à cette "force tranquille".

Je n'ai aucun mérite personnel, ma mère a parlé sur ce ton à un allemand en uniforme pendant la guerre dans un tram, je ne sais plus pour quelle raison, elle s'est jetée sur un huissier de justice et l'a collée au sol parce qu'il avait bousculé sa mère, et elle n'a jamais eu peur de se balader dans les nuits de Paris jusqu'à 78 ans, quand elle allait encore danser et me chercher des "papas" blacks dans les boîtes antillaises. Voilà qui rend optimiste, non?

Daria


Je sais bien que ce n'est pas une histoire de violence, mais je voudrais la partager avec d'autres quand même parce que j'ai été tellement contente lorsque cette histoire s'est arrangée. Une manière de m'occuper de mon bien-être...

Le propriétaire de mon ancien appartement me noyait toujours de paroles quand il fallait discuter de l'appartement - au point que je perdais mes moyens et que je ne savais plus dire ce qui n'allait pas. En plus, il promettait toujours plein de choses sans jamais tenir ses promesses. Cela m'a causé quelques nuits sans sommeil.

Quand je suis partie de là, j'ai oublié de résilier mon ordre permanent pour le payement de mon loyer, et de cette manière, le proprio a reçu trois loyers en trop. J'ai d'abord demandé à ma banque qu'ils lui écrivent une lettre parce que je n'avais pas envie du tout d'avoir encore avec lui le moindre contact. Ceci n'a pas marché, et j'ai donc du l'appeler moi-même. Comme prévu, il a fait des histoires, disant qu'il n'avait pas assez d'argent en ce moment pour me rendre tout à la fois (sans doute pour maintenir le contact plus longtemps) etc. Finalement, après 40 minutes de discussion, j'ai pu le convaincre de me verser mon argent en trois parties mensuelles.

Bien sûr, la deuxième et troisième parties ne sont pas arrivées, comme s'il attendait que je l'appelle pour chaque partie. J'en avais tellement marre que je lui ai écrit une lettre dans laquelle j'ai dit qu'il ne respectait pas l'accord que nous avions pris, que je ne me sentais pas du tout respectée de sa part et que cela m'énervait très fort et que je voulais qu'il me verse cet argent dans les 10 jours, sans encore chercher à me joindre car tout était déjà dit; sinon, j'allais prendre des mesures juridiques.

Vous ne pouvez pas imaginer mon soulagement quand j'ai reçu le reste de mon argent exactement à la date limite que j'avais fixée!

Stéphanie, 28 ans


Je marchais dans un couloir de métro à Paris, ce qui était habituel pour moi. Il n'y avait personne sauf des pas derrière.

Ces pas se sont rapprochés, j'étais sur mes gardes. Un homme m'a attrappée et collée contre le mur, il sentait l'alcool. Calmement je lui ai mis une main sur le torse et en le regardant dans les yeux et j'ai dit: "maintenant tu me lâches".

Il m'a lâchée.

C'est en me retrouvant hors du métro que je me suis mise à trembler de partout. Mais tout allait bien.

Sarah


Je venais de faire un stage en défense verbale et attendais impatiemment de pouvoir mettre en pratique toute cette bouillonnante théorie. Quelques jours plus tard l'occasion se présentait...

Coup de fil de mon ex compagnon à qui je rappelais le fait qu'il me devait de l'argent. Insultes de sa part - il me raccroche au nez. Normal, vu le personnage. Il rappelle sa fille un peu plus tard. Le haut-parleur du téléphone est branché - tant pis pour lui, tant mieux pour moi. Il commence à parler de moi d'une façon très insultante.

J'empoigne le téléphone et hop, je mets en pratique une des techniques apprises: celle du disque rayée. "Tu m'insultes. Je n'apprécie vraiment pas. Je veux que tu me parles poliment." Il essaie vainement de me culpabiliser. Je recommence, "tu m'insultes etc.' Je ne me justifie pas. Je ne rentre pas dans son jeu et, wow, seulement deux fois et ça marche. Merci Garance (et Irène)!

Marie-France, 46 ans


J'avais 18-20 ans et j'étais à une soirée d'étudiants (une guindaille) fort animée. A minuit, j'ai voulu sortir prendre l'air et j'ai dû croiser, dans le passage étroit du contrôle, un groupe de garçons qui avait attendu ce moment pour entrer car on ne payait plus. Je leur ai tourné le dos pour me faufiler de profil et j'ai senti une main me caresser tranquillement les fesses. Tout de suite furieuse, sans même prendre le temps de regarder l'insolent, je lui ai envoyé une gifle qui lui a dévissé la tête et j'ai filé sans commentaire. Je crois qu'il a essayé de m'attraper, mais le flot des gens le poussait vers l'intérieur. Je savoure encore - 20 ans après ! Le souvenir des rires moqueurs de ses copains...

Marie


Un soir, je monte dans un tram où quelques places assises restent libres. Je m'assoie à côté d'un homme d'une trentaine-quarantaine d'années qui est assis avec les cuisses écartées, allant jusque sur ma place. Je réfléchis à la façon de lui dire de se mettre sur son siège sans occuper le mien, ni toucher ma jambe par la même occasion.

Je le pousse légèrement avec ma cuisse et au même moment, je regarde fixement sa jambe, puis je relève la tête et le regarde d'un air réprobateur.

Il a retiré sa jambe et j'ai terminé mon voyage tranquille, sur un siège entier!

Peggy, 25 ans


J'étais dans le métro avec une amie. Une femme s'est mise à crier sur un homme. Elle semblait vraiment fachée, mais elle parlait dans une autre langue et nous ne comprenions pas ce qui se passait. La femme et l'homme semblaient se connaître. L'homme ne disait rien et regardait ailleurs pendant que la femme lui parlait, mais on voyait qu'il s'énervait. Ils sont descendus à la même station que nous, la femme toujours en colère, et continuant à parler fort. Tout d'un coup, l'homme lui a donné un coup de poing sur le nez et elle a commencé à saigner. Quand j'ai vu ça, j'ai courru vers eux en criant : "vous là, arrêtez de frapper cette femme". Il a cessé. Je l'ai regardé méchamment jusqu'à ce qu'il finisse par s'éloigner. Nous avons proposé notre aide à la femme qui a refusé et qui a suivi l'homme. Tout de suite, nous sommes allées au commissariat du coin pour raconter ce qui s'était passé et ils nous ont dit qu'ils allaient envoyer un agent dans la direction vers laquelle nous avions vu le couple s'éloigner.

Irène, 31 ans


Mon ex-copain, que j'aime beaucoup et auquel je ne sais rien refuser, se comporte avec moi d'une façon qui me met souvent en rage. Mais je n'avais même jamais réussi à le lui dire jusqu'à il y a quelques jours. Il se comporte en "territoire conquis", ne me respectant absolument pas. Une des choses qu'il fait par exemple, c'est m'appeler au téléphone, à tout bout de champs, et dès que j'ai décroché, il se met à me dire ce qu'il doit me communiquer mais sans même me saluer ou se préoccuper en aucune façon de moi. Je sors toutjours de ces coups de fils excédée, me sentant niée et méprisée, mais je n'arrive pas à y mettre un terme, ni à me faire respecter.

Donc il y a quelques jours, il m'appelle, en refaisant comme d'habitude, il ne m'a même pas dit bonjour, simplement entrant dans le vif de l'objet de sa communication. Je l'ai interrompu une première fois : "Patrick, je n'apprécie pas que tu ne prennes même pas la peine de me saluer quand tu m'appelles". Il a fait comme si de rien n'était, comme s'il ne m'avait pas entendue et sans me répondre a continué son soliloque. J'ai répété ma phrase, avec la même absence totale de réaction de sa part ou la moindre manifestation qu'il m'avait entendue . Puis une troisième fois. Comme il ne daignait toujours pas tenir compte de moi et de ma remarque, j'ai simplement raccroché !

Et bien, cela m'a fait un bien fou, et pendant plusieurs jours, cela m'a procuré une réelle fierté. Bien sûr, ce n'est qu'un premier pas, mais je suis maintenant bien décidée à ne plus me laisser faire ainsi.

Brigitte


Voici une petite histoire qui m'est arrivée il y a quelques mois à Bruxelles et qui m'a pendant plusieurs jours, remplie d'aise: en fin d'après-midi, je devais prendre un bus pour rentrer chez moi. Tandis que je m'approchais de l'arrêt, je vis une dame d'age mûre qui s'en éloignait, hésitante, semblant ennuyée. Sur le banc, à l'intérieur de l'abri bus, deux jeunes garçons (entre douze et quinze) lui parlaient mais j'étais trop loin pour entendre de quoi il s'agissait.

Je me suis assise, pour attendre le bus et les garçons ont commencé à me parler, me posant des questions que je jugeais déplacées et auxquelles je n'avais pas envie de répondre. (où j'allais, pourquoi j'étais ici, comment je m'appelle...). C'était clairement des tentatives d'intimidation, d'occupation de l'espace et non pas des essais de communication. Je ne savais pas trop quoi faire, j'étais embêtée et j'ai d'abord simplement attendu que face à mon mutisme ils finissent par me laisser tranquille. Mais comme je ne répondais pas, ils ont commencé à éléver le ton et leurs commentaires devenaient franchement insultants. Je me suis alors tournée vers eux, et d'une voix ferme, en les regardant, je leur ai dit que je ne voulais pas parler avec eux et qu'ils me laissent tranquille. Ils ont encore dit deux trois phrases qui auraient du être vexantes, mais j'étais trop contente d'avoir osé leur répondre pour que leurs injures puissent me blesser. Je n'en avais plus rien à faire car j'avais exprimé mon désaccord et mon désir que leur comportement cesse et pour moi, c'était déjà une grande victoire ! Au bout d'un moment, ils ont cessé et en me lançant encore un ou deux mots, ils ont fini par s'éloigner.

Anne, 37 ans


Quand j'avais 18 ans, j'avais un petit copain qui était assez possessif. J'ai rompu avec lui après deux ans, et il l'a mal pris. D'abord, il m'a appelée x fois par jour pour me harceler. Quand je n'ai plus répondu au téléphone, il est venu dans la cour de l'immeuble où j'habitais avec mes parents et il criait mon nom pendant un quart d'heure. Parce que j'avais honte que les voisins puissent l'entendre, je l'ai laissé entrer. Mes parents n'étaient pas à la maison. On s'est très fort disputé et il m'a giflée. Tout d'un coup, j'ai senti monter en moi une rage froide qui a balayé toutes mes peurs et mes remords. Je l'ai regardé avec un regard noir et je lui ai dit "maintenant ça suffit, tu pars immédiatement!" Il semble que je lui ai fait peur car il est parti tout de suite sans discuter. Je ne l'ai jamais plus revu.

Aude, 27 ans


Arrêtée à un feu rouge vers 21h et étant seule dans sa voiture, une de mes amies a entendu une sorte d'explosion: un homme à l'aide d'une batte de base ball cassait sa vitre côté passager. Elle n'a aperçu qu'un bras qui tâtonnait sur le siège avant, cherchant un sac à main éventuellement posé là.

Effrayée et tétanisée elle est restée immobile; le sac à main étant posé à ses pieds, l'agresseur finalement n'a rien pu saisir. Le feu redevenu vert, elle a redemarré et est rentrée chez elle. elle fut choquée durant quelques jours.

Suite à la formation d'autodéfense, plutôt que d'avoir peur quand je suis seule en voiture, je me suis demandée ce que je ferais si cela m'arrivait. Depuis, mon sac à main n'est jamais plus sur le siège passager, je ferme les portes de ma voiture de l'intérieur et j'ai une fourchette à portée de la main dans ma voiture.

Nicole


La fille d'une de mes amies a eu l'aventure suivante: Elle était au Sablon à Bruxelles en fin d'après-midi et marchait dans la rue.

Deux hommes sont sortis d'une voiture et lui ont collé un chiffon imbibé d'un produit sur le visage. Elle s'est débattue de toute sa force, et a réussi à se dégager. Elle a couru jusque chez elle, a fermé sa porte à clé et est tombé endormie pendant quatre heures plus ou moins.

Malgré l'agression surprise de deux hommes, par son énergie et sa détermination, elle est parvenue à leur échapper.

Anne, 35 ans


© Garance ASBL, juin 2008